MOSCA LA LIBERTINE (suite)

Je laissais retomber le couvercle en carton....tiens ça me rappelle un best seller que j’avais vu inscrit sur le petit carnet que ma mère gardait avec elle constamment et sur lequel était inscrit tous ce que nous devrions apprendre dans notre vie pour être des jeunes femelles accomplies...Ce  bouquin en question s’appelait  “Le baluchon en carton”
et il avait été écrit par une jeune mouchette Suzy de Lunda qui s’était échappée du cocon familial du Sud de l’Europe. C’était disait ma mère une petite cousine de ma grand tante Moscatelle qui s’appelait comme cela parce qu’elle était tombée encore bébé dans un tonneau de Vin de Muscat et avait été sauvée in extremis en
s’accrochant désespérément aux jambes velues d’un jeune homme, qui pieds nus, foulait les grappes de raisins au fond du tonneau... 


Quel destin quand même....
Enfin j’en reviens à l’instant où je me mis en veilleuse sur le bord de la boîte... Je sentis une secousse et un grand vlan....Puis une autre secousse...Le couvercle se souleva et je vis à nouveau la face rubiconde de la Dame... Et puis je l’a vis en entier... Elle avait pas que la tronche rubiconde, c’était tout l’ensemble de chez “Bourrelets quand je vous tiens, j’ vous entretiens!” que j’avais devant mes mille facettes effarées...


Elle continuait à beugler en même temps que le son qui venait d’une espèce de rectangle rouge  avec des boutons et des lumières qui clignotaient....
”...Allez viens boir un p’tit coup à la maison, y’a
du....”
Hou là... La dame s’avança au dessus du calendos “made in Normandie” avec un rictus qui me fit grelotter encore plus que lorsque j’étais dans l’espèce de cabane blanche


d’où elle nous avait sortis la boîte et moi...Elle avait à la main un couteau dont elle se servit pour se tailler une portion de fromage digne d’une connaisseuse....Je me pelotonnais contre le rebord de la boîte qui était à l’opposé du prélèvement ... Elle enfourna la portion dans sa bouche où deux dents sur le devant se  vantaient d'être encore là...en s’affichant honteusement, au grand dam des gencives vierges de tout ivoire...
“Chi  Ch’afais un marteau, che frapperait mes frères che frapperaient mes cheurs..che cherait le ...”
La Dame bava et le camembert machouillé qu’elle n’arrivait pas à déglutir en même temps qu’elle chuintait sa beuglante dégoulina sur une nuisette rouge et noire attachées sur ses épaules par deux magnifiques bolducs... qu’elle avait dû récupérer sur un paquet cadeau.. Mais vous savez... il n’y a pas de petites économies...
Ti...ton...ti...ton...Ti...tonnn...


La dame se précipita sur un objet qu’elle colla à son oreille qui avait un peu la forme d’une coquille St Jacques ouverte...
- Allo..oui....c’est moi Yoyotte... Comment vas-tu mon doudou...Non ... ça me gêne pas au
contraire...! Bon j’ t' appellerai plus mon doudou c’est promis mon doudou... Heu pardon...mon Augustin d’amour ! Je suis après me faire un masque de beauté avec du yaourt maigre et des tranches de concombres... Oui c’est pour toi..mon dou...gustin que je me fais belle...Je vais te préparer un petit frichti et après on fera tout ce que tu voudras... Ah ! tu préfères avant ...et d’ailleurs t’as pas le temps de casser une petite graine avec moi... Dommage, j’avais acheté des andouilles et un calendos à faire mouiller sa culotte à une nonne... 


Comment tu sais çà , toi que les nonnes elles ont pas de culottes... Ah alors j’aurais dû me faire nonne, car les culottes c’est pas mon truc... A tout à l’heure mon Doudou… Crac... Elle avait reposé la “chose” sur un support aussi noir que ses deux dents.....
Elle sortit de mon champ de vision.... Je la suivis en volant de traviole ...j’étais encore un peu engourdie, de par le froid et aussi par  l’odeur du frometon...
On entra dans une pièce plus petite que l’autre mais où on pouvait se voir sur l’un des murs... La Yoyotte, puisque c’était comme çà qu’elle s’appelait la dame en bleu... prit un chiffon et enleva la salade qu’elle avait sur la tronche... Rose..... et fraîche qu’elle était la mémère... Une façade rénovée.... Elle enleva les espèces de tubes qu’elle avait sur le crâne et des bouclettes serrées apparurent au sommet de son crâne en forme d’oeuf d’autruche, en moins lisse et moins beau vous  voyez ce que je veux dire???
Après s’être frottée la tignasse avec un truc qui ressemblait à un petit balai... elle prit une boite ronde et haute, en fer qu’elle mit à hauteur de sa tête et il en sortit du “mouillé” en faisant “pshhhhitttt”....J’étais en plein dans l’angle de tir... J’ai cru que j’allais m’évanouir... ...Je lus sur la boite “laque forte”.... Ah ben pour être forte elle était forte....Qu’elle mauvaise odeur... J’allais me poser sur le haut du ciboulot à la Yoyotte...je pouvais me déplacer sans problèmes sur l’échafaudage qu’elle avait bétonné avec son produit asphyxiant...


C’était marrant....on aurait dit de la mousse...où alors..... une pensée me vint pour ma cousine Gherta dont Mégamouch m’avait également causée...elle venait d’Alsace et ramenait à la famille de la choucroute ...ma mère m’avait parlé de cette choucroute avec tellement de détail qu’il me semblait que j’étais en train de galoper sur le dernier cadeau fait par Gherta à la famille diptère.....
drelin.....drelin.....


voilà...voilà....mon dou...mon doux Augustin j’arrive.....
Yoyotte se mira un instant dans le mur qui reflétait son image...enfin notre image....refit bouffer sa tignasse vaporeuse avec les jolies petites andouilles de vire qui lui servaient de remonte-bouclettes..
Elle sortit de la poche de son déshabillé un petit tube qu’elle colla derrière son pavillon auditif droit...là aussi ça a fait pssssshit! .....et là encore je faillis mourir asphixiée.....du parfum...” muguet de Noêl à Paris“ que c’était inscrit dessus .... beurk.... dégueulasse l’odeur ... pas supportable pour une fille comme moi... je préférais l’odeur de la soutane du curaillon....
Enfin la Yoyotte se dirigea vers la porte avec un sourire qui mettait en valeur sa dentition de castor....devant le bois un peu vérolé de l’huis, elle hésita encore...poussa un profond soupir...et se décida à ouvrir....
AUUUUGGGUUUSSSSTTTIIIInnnnn!
YOYOOOOOOOOOTTTTTTTTTTEE ! 
.............................
.............................
............................

Ben dis donc qu’elle chute!!!!!!!
Je visionnais avec un peu de recul la scène qui se passait au dessus de moi!
Eh oui j’étais tombée...lorsque la main d’Augustin était venue se plaquer sur le fessier de sa Yoyotte,  faisant basculer celle-ci en arrière....
La Mosca elle avait fait une chute libre sans filet... J’avais du rester un moment évanouie...
La mémère elle avait tombé les bolducs et le pépère il avait les bretelles en berne ...et pas que ça d’ailleurs.....


- Mais ça va aller mon doudou....
- Ben non...c’est l’émotion ! qu’il disait l’homme de la situation.....
- Allez fait un effort Augustin...après on se fait un “ti repas bien d’chez nous”...
- Arrête de causer Yoyotte ça m’empêche de me concentrer.....
Et patati et patata....
La Yoyotte elle était piaillarde....
La boite carré noire elle gueulait elle aussi.... “J’attendrais...le jour et la nuit...j’attendrais toujours....”
Ben y’avait pas que la “goualanteuse” de la boite noire qui allait attendre à mon avis.....
- Bon ben j’peux po dit l’homo érectus.....sans érection d’ailleurs...pourquoi on appelait ça un homo érectus ?????


Je comprenais pas tout à fait ce qu’il pouvait pas faire l’Augustin et je décidais d’aller faire un tour du côté du camembert ...
Alors j’entendis la Mémère dire... Qui c’est qui a acheté des jolies petites pilules à son Augustin????? Qui c’est????
J’étais affalée sur la “coulure” bien jaune du calendos...les pattes croisée derrière la tête...j’étais bien...
La belle Yoyotte passait et repassait devant la table de la cuisine en sifflotant...
- Qui c’est qui va prendre la petite pilule du bonheur...c’est Doudou....
Elle passait avec un verre d’eau.. retournait dans la chambre en roucoulant...


l’Augustin avait une voix toute retournée en disant :
- c’est pas Dieu possible...tu m’en as acheté???? ben vingt Dieux ça va être ta fête ce soir ma Yoyotte..


Qu’est ce que l’autre avait bien pu lui acheter pour qu’il se pâme autant le chéri ?
Il y eut une dizaine de minutes où l’on aurait pu entendre les mouches voler , mais je me gardais bien de m’atteler à cet exercice.....
Et alors......le bruit vint jusqu’à moi...
Doucement.....
Puis plus fort.....
Eclatant......
Un bruit de succion...
De petits clapotis...
De Ha et de Ho...
Je m’extirpais avec difficulté de mon odorant matelas...
Mince j’avais salie ma jupette..
Je me dirigeais vers la chambre en faisant escale devant le grand miroir....
Oulla!!!! ma jupe était fichue...froissée, sale... et pas de pressing à l’horizon...
Dans le miroir se reflétaient les deux humains...
Enfin si on pouvait appeler ça des humains... Enchevêtrés... A moitié déshabillés....
Rouges et en sueur... Râlant
Ils avaient l’air malades... Pourvu que ce soit pas le camembert...
Mais non, impossible, elle, en avait mangé, mais pas lui.......
Mais qu’est ce qui font?
- Encore Yoyotte, encore!!!!!
Encore quoi?
Mes facettes ouvertes au maximum de leurs possibilité essayaient de capter l’action.


- Doudou fait moi encore le coup de la mère Denis ...!!!! Oui encore!!!!!
- Allez Yoyotte fais moi voir ta météorite en folie!!!!
Alors là!!! Je comprenais que dalle à leur conversation!
Pourquoi y s’énervaient comme ça tous les deux?
Par terre traînait un petit flacon en verre... Je regardais l’étiquette....
“GRIMPAX” la pilule qui permet de grimper sans effort...
- Ouiiiiiiiiiiiiiiie!
Gustin vas-y.....!
Où donc qu’elle voulait qu’il aille le Gus, dépoitraillé comme il était...enseveli sous la couche de graisse de la Yoyotte!
- Oui je viens...Je viens ...qui lui répondait le Doudou à sa mémére... Ben il était déjà là.!!!
Je captais plus rien! Mes antennes devaient être dans la mauvaise direction... j’essayais de secouer la tête pour les remettre en état... Rien.....
Tout d’un coup après un grand cri poussé par l’Augustin et un râle de désespoir jeté par la Yoyotte, le silence s’installa à nouveau dans la chambre....
Je retournais donc dans ma boite à camembert... J’essayais de me remémorer les faits....
Je ne comprenais toujours pas à quoi ça rimait de se disputer et de se battre comme ça dans un lit...
En plus après avoir pris des pilules que la Yoyotte lui avait gentiment achetées...
L’Augustin il était grave le gars....Pas de reconnaissance....On lui fait des cadeaux...on lui prépare un ti repas...un bon calendos...
On s’met des tuyaux sur la tronche pour faire mousser les tifs... On s’enrubanne les épaules avec des bolducs...
On s’ parfume.... Tout ça pour se faire basculer sur un lit...
Sans avoir mangé...


En salopant toute la jolie coiffure de la dame...
et en plus en lui tirant des sanglots qui venaient droit du coeur ...et croyez- moi je m’y connais..... C’est pas croyable tout ça...
Ben tiens, les voilà les deux branquignoles.... Ils sont rouges...Mais rouges.... Les chaises où ils posent leurs illustres popotins craquent sous leurs poids....
-Alors mamour...tu veux bien goûter mon camembert maintenant???
- Oui ma Yoyotte si l’est aussi bon que toi ça doit être un régal...
Oui à mon avis il est aussi bon qu’elle le frometon...en tous les cas aussi fait.....
- Sale mouche va-t-en.......!
Je redresse un peu la tête...me soulève sur une patte...c'est de moi qu'elle cause la Yoyotte ???


Oulalalalala!
L’Augustin il a un couteau à la main... Normal... Y veut se prendre une tranchette de calendos...
ET la Yoyotte .... Qu’est ce qu’elle a dans la main la Yoyotte??? mais qu’est ce que .....
PAF...PAF !


-J’l’ai eue....ça à point traîné... T’as vu mon gustin ? ...pour manier la tapette j’ai aussi un bon coup d’ poignet hein?

 FIN                   

MarieC.
Texte protégé.
extrait des
'Contes Libertins ..mais pas trop.."
de
MarieC.

 

© -26 / 03 /2003 - Tous droits réservés.


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