FIAT PAX

 

 

 

 

  Un bébé prénommé Jésus venait tout juste de naître dans une grotte près de Bethléem et, dès son premier cri, bouleversait déjà le monde…

 

  A des milliers de kilomètres de là, comme si cela se passait dans une autre galaxie, un astronef vénusien en provenance de Mars s’écrasait en un point précis d’un continent que l’on appellera plus tard Europe. Pris en chasse par deux vaisseaux de la défense martienne puis imparablement touché par leurs tirs croisés, il dut atterrir en catastrophe sur la planète la plus proche. Le choc fut si violent que l’OVNI se désintégra dans un pré verdoyant de ce vaste territoire qui deviendra par la suite gaulois, avant d’être définitivement… français.

  Sur l’écran de contrôle, l’écho de la cible se tut, imposant un silence de cathédrale dans la cabine de pilotage. Dès lors, les traqueurs durent déchanter car, dans la soute du fuyard, était stockée une cargaison fort précieuse. Contraints de renoncer, ils se promirent de revenir à la charge le plus tôt et le plus vite possible. Question de vie ou de mort.

  Ils se muniraient de détecteurs plus puissants qui, s’il le fallait, pénètreraient les entrailles ignées du magma pour capter la fréquence de ce prototype transformé en butin par des pirates de l’espace.

 

  Deux mille quatre années de notre temps réel s’écoulèrent – pour eux, cela représentait à peine moins d’un mois de notre calendrier. Ils retournèrent sur Terre dans le but de récupérer ce bien que les Vénusiens leur avaient dérobé. Le fameux « fluide de renaissance ».

  Cette machine infernale ouvrait les portes de l’éternité à quiconque y séjournait durant un laps de temps calculé en fonction du métabolisme de chacun. Le professeur Salko Narva s’était attelé à concevoir l’ensemble du module, bossant sans relâche dans l’attente fébrile d’une réussite finale très… recherchée.

  C’était une sorte de capsule de survie où, défiant l’espace-temps, l’atmosphère artificielle avait pour fonction la régénérescence du cytoplasme cellulaire. Les parois de l’habitacle étaient composées d’un métal très particulier récemment découvert sur Phobos et Deimos, les satellites de Mars, et auquel on n’avait toujours pas attribué de nom. Au contact du Narvalium, un gaz rare conçu par le savant trois ans auparavant, il créait un microclimat spécifique capable d’influencer dans le bon sens et de manière irréversible l’horloge corporelle. Après inhalation, comme dopé par ce cocktail détonant, le sang se mettait alors à véhiculer dans les artères et les rouages du système d’irrigation un… carburant d’immortalité.

  Car, malgré leur apparence humanoïde, les Martiens et les Vénusiens étaient des ersatz d’androïdes, hybrides de chair et de mécanismes robotisés qui fusionnèrent, se jumelèrent à l’époque où ce fut l’unique solution pour éviter la Grande Guerre des Machines. Ils naissaient, vivaient, se reproduisaient et mouraient tout naturellement… à l’image des Terriens.

  Avec cette découverte, les accouplements seraient bannis. De toute façon, le plaisir n’existait plus chez eux, d’où leur satisfaction de cesser enfin, grâce à cet inestimable nectar volatile, la corvée – synonyme de perte de temps – de la procréation. La philosophie de la supériorité du cérébral sur l’organique mijotait depuis longtemps mais, pour des raisons scientifiques, n’avait pas été abordée. C’était une évolution logique inhérente à leur quête… congénitale.

  Paradoxalement, et si l’on se réfère à notre propre conception de l’existence, c’était l’occasion rêvée de joindre l’utile à l’agréable et de faire d’une pierre deux coups… 

  Les Vénusiens étaient à l’image de ce qui s’était jadis déroulé ici, sur Terre, avec les Anglais, en Australie. C’étaient des bagnards martiens qui s’étaient développés sur Vénus, vaste prison, bagne aux dimensions cosmiques. Normal, pour une grande majorité, les Vénusiens étaient considérés, aux yeux (?) de tous, comme de notoires hors-la-loi. C’était dans leurs gènes ; tout au moins, la pseudo-vérité universelle de leurs pseudo-rivaux en avait décidé ainsi…

 

  Les siècles défilèrent et les débris du vaisseau vénusien s’enfoncèrent dans le sol meuble. Eparpillés, ils reposaient maintenant sous terre, par cinq cents mètres de fond ; et, au-dessus, surplombant plusieurs couches sédimentaires, avait été « plantée » une nécropole typiquement humaine. 

 

  En ce jour du Nouvel An 2005, il plut à verse sur le petit cimetière de La Paix Retrouvée.

  24 heures de rincée sans discontinuer. Pas le moindre quart d’heure en deçà ou au-delà du douzième coup annonçant l’avènement du 2 janvier, lendemain d’une fête qui consacre de nouvelles résolutions que l’on a, présentement, déjà oubliées. Ni avant, ni après la genèse de cette date frontière où une année bascule sur l’autre, douane laxiste, pont temporel que l’on enjambe aisément dans l’ivresse de l’instant.

  Parfaitement calibrée, minutée à la seconde près, cette intempérie semblait programmée par une ineffable entité météorologique… Un hasard apparent que même la nature ne pouvait raisonnablement assumer en solo.

 

  Les feux follets désertèrent l’endroit car, à minuit, la lune avait été occultée par un nuage qui creva et se répandit de façon hémorragique, au risque d’éteindre ces veilleuses de nuit qui, d’habitude, cohabitent avec les lucioles lorsque les loups garous sortent de la ville. Ici, selon l’heure, la routine élémentaire, c’était la bruine ou la rosée, et les escargots ne s’en plaignaient guère, ainsi que les grenouilles. Pourtant, à cette occasion, un gastéropode n’aurait pu sortir de sa coquille sans être décorné par la violence de la tempête, ou décoiffé de son toit, sac à dos qui le suit partout comme une ombre. Les batraciens, eux, craignant de s’envoler, pour retomber plus loin sous la forme d’une pluie hétéroclite, se calfeutraient dans des abris souterrains proches des taupinières.

  Mais là, il n’était plus question de compte-gouttes, ni du raz de marée vertical auquel un romancier en verve songe pour évoquer une chute d’eau. Non, il s’agissait d’une avalanche crépitante ! Dans l’imaginaire, ce n’était pas vraiment le son produit par une couturière qui pianote mécaniquement sur son instrument de travail, la dernière phalange de ses doigts protégée par un dé à coudre… Plutôt un essaim de billes de plomb arrivées en bout de course et retombant lourdement, oui !

 

  Sous l’effet d’une trop grande bouffée de chaleur, la marmite avait débordé, et, peu disposée à conserver en son sein tant de liquide superflu, libérait son trop plein d’énergie en lâchant son lest bouillonnant sur la région. On aurait dit que la victime d’un égorgeur crachait sa chevrotine sanguinolente à la face de son agresseur, éclaboussant ses habits et mitraillant les portions de mur que la tête de l’homme au couteau masquait lors de la giclée mortelle. En quelque sorte, une version surréaliste de l’arroseur arrosé. Sans doute l’alignement parfait de toutes ces stèles avait-il insulté les cumulonimbus meurtriers dont les idées anarchistes poussaient au démembrement généralisé des lieux communs. Et l’empreinte corporelle de l’être exsangue sera dessinée sur la paroi comme si elle était auréolée de taches suspectes ; s’affichera ensuite une silhouette vague, aux contours ombrés de mort pourpre… Vision macabre mais artistique.

  Dès lors, la plaie s'était propagée parmi la meute charbonneuse, singeant une épidémie de fuite ; elle avait parasité les baudruches, qui avaient explosé telles des outres gonflées à bloc. Il aurait fallu recoudre toutes ces estafilades, mais la grande suture ne s’opèrerait qu’une fois le dieu de l’orage rasséréné. Se faufilant entre ses lèvres béantes, la foudre avait frappé, n'épargnant aucune cible dont la cime s’exposait, impudiquement dardée. Une véritable éjaculation électrique en quête de paratonnerre où assouvir son désir électrique.

  Abattus à tour de rôle, les arbres s'effondraient à la manière des cartes d’un château mal érigé par des mains fébriles. Fusillés à bout portant par des coups de foudre aussi cinglants que des rafales de M16 et imitant des quilles que la dextérité d’une divinité met à mal au Grand Bowling Universel. Un véritable peloton d'exécution dont le feu nourri alimente la vie du condamné d’une volée de pruneaux indigestes ! Cela suggérait parfois le fouet qu’un dompteur agite devant un fauve récalcitrant… plus pour l’effrayer que pour le châtier.

  Les racines semblaient les membres d’un animal blessé qui tente maladroitement de se remettre sur ses pattes. Les croix elles-mêmes n'étaient plus à l'abri de ces zigzags assassins. Elles s'écroulaient, terrassées par le feu du ciel.

  La pluie picorait le sol, et tous ces virtuoses au bec acéré semblaient jouer du xylophone sur des os déjà fossilisés. Les chats avaient fui, plus apeurés par ce que leur instinct leur dictait que par la virulence du tonnerre et des éclairs.

 

  Le sommeil des défunts aurait pu en être perturbé, mais le silence sépulcral imposait son mutisme mystique aux éléments déchaînés. Pourtant, dans l’ombre, l'insomnie chronique guettait, attendant patiemment son heure.

 

  En ce jour du Nouvel An 2005, les tombes avaient été profanées, éventrées par les couteaux de l’orage…

  S’échappant des cercueils béants, la poudre d’os, la poussière de bois, les cendres se mêlaient à l’humidité ambiante, et les mains du hasard sculptaient dans cette glaise obscure et mouillée des golems voûtés à la démarche pataude. Fracassées, réduites à l'état de fragments de mémoire funèbre, les croix arboraient désormais l’aspect d’un jeu de mikado. On s’attendait presque à les voir reconstituées par la main experte mais invisible d’un géant psychotique obsédé par l’ordre et le rangement. Les troncs, moignons de la sylve, gisaient dans la fange, leur écorce fumant tel le versant d'un volcan avant l'éruption ou le front d’un sportif après l’effort. Là, le colosse maniaque risquerait de se brûler les doigts, et la douleur provoquerait en lui tout un processus pigmentaire qui le rendrait enfin apercevable.

  Les corps en cours de décomposition avaient fui le déluge, désertant le champ de bataille. Engoncés dans un linceul de boue, sans doute avaient-ils préféré quitter leur ultime demeure pour en dénicher une autre, plus propice au repos éternel. Plus au sec. Elle leur éviterait de s’embourber dans les souillures de l'ondée sacrilège vomie par les nues impies. Les squelettes ne risquaient pas de rouiller, non… mais mieux valait fuir ce marigot de l’Enfer.

  Oui, une tombe ne sera jamais une baignoire, que diable !

 

  En ce jour du Nouvel An 2005, les morts avaient décidé de ne plus revenir au petit cimetière de La Paix Retrouvée. L'eau bénite est plus précieuse que l’eau de pluie, non ? Et, surtout, moins irrévérencieuse !

  Mais, bizarrement, ils ne s’étaient pas réfugiés dans les lieux de culte.

  

  Dès lors, juste avant le passage à niveau qui permet au train de la vie de rouler vers le troisième jour de la nouvelle année, commencèrent les premiers assassinats inexplicables.

  Sur les lieux des crimes, on découvrait des empreintes vaseuses de pas claudicants et qui encerclaient les victimes, comme si on s’y mettait à plusieurs pour les terrasser. Les autres devaient « jouer » les spectateurs et encourager le préposé au carnage… bourreau des cœurs, oui, mais pour stopper sa course vitale. Des êtres jugés équilibrés ne pouvaient décemment pas marcher de façon si désordonnée, encore moins opérer de la sorte. Et les estropiés ne s’étaient pas tous donné rendez-vous pour éliminer les bien portants, semant sur les carrelages des traces de malformations accidentelles ou congénitales.

  Partout, les rares survivants retrouvaient les gens soit étranglés, soit égorgés, mais tous immergés jusqu’aux cheveux dans leur baignoire, où la flotte avait revêtu le costume glauque des marécages de Floride. La plupart des bacs étaient rougis par l’hémoglobine, comme si on avait trempé un(e) bizuté(e) dans du vin ou du jus de tomates dans le but inavouable de l’humilier.

  Et point de poètes à l’entour pour admirer les pétales de roses pourpres qui moquettaient la surface des bouillons sépulcraux.

  Dans celles où on avait évité de trancher dans le vif des sujets, parce que l’ustensile nécessaire avait été introuvable, on aurait pu aisément imaginer des nénuphars flottant à la surface de cette mare intime. Voire, également, s'étonner de la présence de grenouilles les chevauchant… et d’escargots squattant les robinets avant la périlleuse escalade vers le pommeau de la douche. Et ces alpinistes baveux eussent évidemment préféré laisser leurs sacs à dos sur la berge du marigot.

 

  Le petit cimetière de La Paix Retrouvée avait égaré ses locataires, tous partis sous d’autres cieux tester la qualité de vie des… actifs. Allez, franchement, si vous croyez que c'est agréable de mariner dans un bain de boue alors que la sécheresse peut faire de vous un fossile que les générations futures (?) contempleront d’un œil méprisant, vous vous leurrez ! Vos os seront déterrés avec dégoût, et les extraterrestres pourraient ainsi étudier de près ceux qui occupaient la Terre avant l'invasion sans nul doute programmée de longue date. C’est le genre de témoignage calcique qu’il vaut mieux jeter aux oubliettes ou aux orties, tant il porte à caution…

  Pas de quoi se vanter de trimbaler comme un boulet – ou un sac à dos – une telle charpente sous une peau si perméable et si souvent exposée à des rayons mortels ! La faiblesse du cerveau humain se trahit par la fragilité de l’étoffe avec laquelle a été confectionnée la robe de la mariée…

 

  En ce deuxième jour du Nouvel An 2005, après avoir communiqué entre eux par télépathie, les défunts décrétèrent qu'il fallait laisser les présumés envahisseurs dans l'expectative. Dans la foulée, tous les cimetières de la Planète Bleue furent abandonnés de concert et le génocide généralisé liquidé (?) en 24 heures.

 

  Les Martiens revinrent donc à l’assaut, mais pour récupérer pacifiquement le prototype auquel ils n’avaient pas renoncé. Pour le plus commun des mortels, rien n'avait permis d’augurer un pareil dénouement. Tout s’était précipité à une cadence infernale. Seuls les morts avaient flairé en partie ce soi-disant piège sidéral. L’orage avait été si subit et apocalyptique que… Pour certains ufologues des environs, il avait été évident qu’à ce rythme, il ne pouvait que précéder un événement ou une arrivée… contre nature. Qu’il masquait le débarquement massif d’étrangers cosmiques que d’aucuns espéraient secrètement. Derrière le paravent des nuages, une armada de soucoupes volantes stagnaient à haute altitude, attendant le signal de la curée.

  Il est plus aisé de voir l'avenir quand on a les yeux clos pour l'éternité, hein ? Et, contrairement aux apparences, l'odorat est extrêmement développé chez les macchabées ! Quant aux vivants, ils fabulent, fantasment, interprètent… Ils ont une âme de journaliste.

  Toutefois, un détail avait échappé à cette armée de morts-vivants sanguinaires. Ce n’était pas une invasion, c’était une légitime opération de récupération ! Et leur plan mis en place à la va-vite tombait à l’eau – d’où il était venu. Tous ces meurtres inutiles en une journée, une dérisoire rotation de la Terre sur son axe… tout cela était vain ! La mauvaise surprise ne viendrait pas de là.

  Les ETs se foutaient royalement que des morts aient trouvé ce prétexte fallacieux pour régler leur compte à leurs survivants. Et, maintenant, les envahisseurs, c’étaient eux, les zombis ! Ils étaient bien attrapés. Aussi décharnées fussent-elles, la main dans le sac ! Et des envahisseurs isolés sur la planète où ils avaient vu le jour pour la première fois, c’était un comble, ma foi ! Ils devraient se charger de repeupler…

  Mais comment, puisque le « fluide de renaissance » rendait la libido obsolète et le sexe inutilisable pour la procréation. Ils étaient devenus immortels ; et cela, il faudrait l’assumer. Passer de l’état de corps décomposé à celui de corps éternel, c’était une rude épreuve sur le long terme.

 

  Les Martiens étaient repartis comme ils étaient venus : bredouilles ! Tels des pêcheurs dont les asticots ont pris un bain forcé sans être happés au bout de la ligne.

 

  Ainsi, les morts avaient consommé le « fluide de renaissance ».

  Au fil des siècles, son habitacle fissuré était remonté à la surface, et une ultime secousse tellurique l’avait placé juste au-dessous de la nécropole. Lieu à partir duquel il s’était répandu, visitant l’ensemble de l’écorce terrestre comme une épidémie, dopant certains animaux, notamment les taupes, qui avaient toutes recouvré la vue, et les vers de terre, auxquels il repoussait des pattes. Le magma lui-même s’intensifiait dangereusement, appelant à la résurgence de jeunes volcans et le fracas de nouveaux tremblements de terre. Des vulcanologues avaient avancé l’hypothèse que le réchauffement des températures dû à la pollution serait encore plus grand avec l’apport de celui des failles souterraines. Et, visiblement, c’était le cas.

  A l’issue du crash, la capsule était restée intacte, car le métal dans lequel la coque extérieure avait été fabriquée était inentamable pour une durée d’au moins deux mille ans terrestres. Elle s’était enfoncée dans le sol comme une tête de missile, tandis qu’autour de lui, l’astronef vénusien s’émiettait.

  Les macchabées du petit cimetière de La Paix Retrouvée avaient respiré le gaz régénérateur, et l’effet ne s’était pas fait attendre très longtemps.

 

  Alors les « cadavres ressuscités » optèrent pour un retour immédiat aux affaires courantes. Les fantômes sont immortels, n’est-ce pas ? Ils furent donc immortels dans des enveloppes de zombis. Mais il n'y avait plus personne à hanter sur cette planète. C'est ainsi qu'ils prirent le parti d’émettre un message à destination de Vénus, simulant une provocation martienne et les invitant à combattre ici, sur terrain neutre.

  Existe-t-il quelque chose de plus grisant que de terroriser des Vénusiens ? Leur chatouiller les tentacules pendant qu'ils dorment, quel pied ! Sauf que parler de tentacules pour imager les membres inférieurs des Vénusiens, c’était une fois de plus anticiper à tort et à travers…

  Oui, l’An 2005 débutait mal !

 

  Et cet orage de la Saint-Sylvestre avait tant ressemblé à un peloton d’exécution fusillant des morts à l’horizontale pour, paradoxalement, leur rendre la vie…

  Finalement, les Vénusiens vinrent dans l’espoir d’en découdre avec les Martiens mais ne trouvèrent personne ; et, lorsqu’ils repartirent chez eux, sur leur monde natal, leurs nuits furent hantées par les…

 

  Sur Terre, seuls les animaux demeurèrent. Au bout de la chaîne alimentaire, ils avaient également goûté au « fluide de renaissance », mais ignoraient encore l’effet que cela produirait sur leur métabolisme.

  Les vers de terre avaient été mangés par des rongeurs et des poissons qui… Les taupes avaient gonflé la panse de félins qui…

  Quant aux âmes damnées des corps assassinés…

  Tout baigne pour elles ! Elles chevauchent des nénuphars ou tracent leur route en bavant. 

  Fiat pax !

 

?

 

  Un bébé prénommé Jésus venait tout juste de naître dans une grotte près de Bethléem et, dès son premier cri, bouleversait déjà le monde. Le bœuf meugla sur un mode majeur et l’âne, interpellé, agita ses oreilles, à l’écoute de ce message divin. Joseph, plus charpentier que géniteur, observe en douce la paire de cornes du bovidé, les comparant sans doute aux siennes…

  Oui, beaucoup de bruit pour rien !

 

  Mais fiat pax tout de même, mes frères et mes sœurs !

 

  Et surtout…

 

 

BONNE ANNEE 2005 !

 

 

 

 

FIN


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