La vie est un jeu où tout le monde perd, mais elle gagne à être vécue !
Voilà
bien cinq ans, minimum, que je n’étais plus allé au stade de La Chevalière,
à Mazamet, dans le Tarn, pour assister à un match de mon équipe favorite. Oui, le
ballon ovale, c’est mon dada… et le rugby, mon cheval de bataille(s) !
Pourtant, j’étais fâché avec mes chouchous en short, qui « trottaient-menu »
depuis plusieurs saisons, et cravachaient pour ne pas descendre en division inférieure.
Je boudais, imitant un gosse à qui on a refusé une friandise ; ou mieux,
tiens, on la lui aura ôtée de la bouche alors qu’il commençait à peine à la
suçoter, aux anges. Cela méritait une grimace de désapprobation, n’est-ce
pas ? Un boycott du distributeur de bonbons. Il était donc hors de
question que je suive mon club fétiche dans son enlisement vers le bas du
tableau : trop peur de glisser dans les escaliers et de dégringoler
jusqu’à la cave. Je m’y romprais les os et le moral, puis me fracasserais le
crâne contre les bouteilles de vins grands crus que j’aurais vidées pour
oublier cette succession de déculottées sportives et de faillites
sentimentales. Le hasard aura éparpillé les tessons sur le sol humide de façon
à évoquer les stèles d’un espoir enterré dans le cimetière des illusions
perdues, aux côtés de ma légendaire sobriété d’antan.
Jadis
des aigles royaux perchés sur un nuage olympien, aujourd’hui des coqs merdeux,
aux ergots mous, aux becs mous, aux crêtes molles et bons derniers d’une poule
molle, sans adversaires durailles, c’était plus que je ne pouvais supporter,
c’est le cas de le dire ! Une véritable basse-cour des miracles ! Ma
fierté en avait pris un sacré coup ; et j’en avais gardé des séquelles
inavouables, des bleus partout, comme si j’avais servi de carpette à une
manade. A leur image, mais pour une autre raison, j’étais plumé à tous les étages
de mon anatomie.
Lorsqu’il s’agit de résultats sportifs, je suis très à cheval sur les
principes. A rendre jaloux un jockey au régime sans selle.
Mon absence
dans les tribunes s’était prolongée, mais je n’avais pas fréquenté les
tribunaux, non. Et je n’étais pas en prison, ni interné à la Clinique Tamer,
où sont redressés les torts des sauvageons de tous poils. De toute façon, moi,
je ne risque rien, je suis glabre comme du marbre, nonobstant l’unique membre
d’une pilosité familiale qui a défrisé mon horizon affectif et pousse
maintenant au centre de ma main – laquelle important peu. On dirait une
fléchette plantée au centre exact d’une cible ; en l’occurrence, là, elle
mordait sur ma ligne de chance. Et si l’envie m’en avait pris de souffleter un
fâcheux, je lui aurais punaisé ma paume sur sa joue déjà rougie par la gifle.
Ou, si j’avais serré la paluche à un pote, je serais resté agrafé à sa grosse
patte velue, tel le prolongement de mon propre bras.
Pour en
revenir à nos moutons – à nos bourrins, oui –, dégoûté par les piètres
résultats du troupeau, j’avais décidé de déserter la bergerie. Et, le prix des
places ayant considérablement augmenté depuis, fuir les gradins, c’était faire
d’une pierre deux coups. Dès lors, je m’évitais une surcharge d’adrénaline qui
aurait pu secouer mon palpitant saturé et, dans la foulée, allégeais mon
porte-monnaie, lui carrément sursaturé, tant on l’avait ponctionné. A chaque
battement de cuir, il réclamait une greffe d’urgence, un apport en liquide –
pas celui qui s’échappe d’ordinaire des petites coupures, non. Avec toutes ces
dettes de jeu dues à un excès d’échecs au poker, je ne risquais pas de
cicatriser et de faire baisser ma tension. J’étais pour le moins débité et…
dépité. Serial killer du carré d’as, j’avais abattu les mauvaises cartes dans
des arrières-salles de bars si louches, qu’au travers de la fumée, je me demandais
parfois si les silhouettes diaboliques attablées face à moi ne sortaient pas
plutôt directement de l’Enfer… du jeu.
Donc,
être supporteur, oui, supporter, non ! Tout l’argent que j’aurais gaspillé pour
voir jouer ces quinze ploucs (j’omets volontairement les remplaçants) chaussés
de crampons poinçonneurs m’avait servi à miser sur des courses de chevaux,
nourrissant le PMU avec mon blé… et mon avoine aux bestiaux. Eux, au moins, ces
pur-sang pour sang – ainsi adorais-je les surnommer –, dont l’allure est
altière et le souffle haletant, mouilleraient le maillot s’ils avaient
l’opportunité d’en porter un sur l’échine.
A
Mazamet, seules les douches prises après les matches humectent la peau de ces
ânes bâtés… et, à mon goût, trop souvent battus. Ces gladiateurs d’opérette
manient mieux le glaive pour trancher dans le lard des rondelles de saucisson
que dans le vif du sujet lorsqu’il s’agit de planter l’adversaire. Plus doués
également pour plaquer leurs nombreuses nanas que l’élément opposant, ballon en
main, et pour récupérer les balles perdues que d’aucuns, dans notre camp,
tirent à blanc. Toutefois, à la fin d’un entraînement, si un joueur venait à
suer abondamment, c’est qu’il avait la fièvre, sans doute une fièvre de cheval,
ou qu’il sortait du sauna, où il aura visité Londres sans quitter le département,
ni même le local noyé in the fog.
Quant
aux remplaçants, d’ordinaire, ils ne suppléent personne car, ayant tiré à
boulets rouges sur le litron de pinard, la veille au soir, ils trimbalent tous
une gueule de bois carabinée, vue en coupe d’un tronc d’arbre envisagé au
figuré. Pareillement équipés, ils seraient capables d’effrayer un épouvantail à
corbeaux ou de parodier inconsciemment une marionnette sans fil. Dès lors, au
lieu de faire des pompes dans l’herbe, ils les ciraient, confortablement calés
sur le banc de touche. Et, chaque fois qu’un titulaire titubait, la panique
transformait chacun d’eux en statue de papier par temps de pluie.
A
l’heure où la mise en bière coule à verse, et pour porter bonheur aux « Petits »
si chers à feu l’ami Roger Couderc, les supporters ingurgitent des tisanes de
trèfles à quatre feuilles arrachés à des pelouses sauvagement foulées. Une
antique légende du cru affirme qu’à minuit, si l’équipe locale a perdu dans
l’après-midi, les rares trèfles piétinés par les vainqueurs se multiplient puis
mutent, mais recouvrent, au chant du coq, leur aspect originel et une
proportion plus conforme à la normalité. Cueillis à temps et bien préparés, ils
assureront des rebonds favorables et la victoire à l’issue du match suivant.
C’est dans ce créneau temporel que ceux que l’on a surnommés les « fadas
fanas » sortent, un panier à la main, au risque de déranger le petit
monde aveugle de la nuit et de réveiller les incrédules. Mais ils écrasent
surtout des escargots et glissent sur des limaces…
Et eux,
ces poivrots en short, auront tout tenté pour que leurs foies soient gras,
séquelles chauvines du pays où les oies et les canards se laissent gaver pour
mieux satisfaire la clientèle tarnaise. Et ils n’auront aucun respect pour ceux
qui, immanquablement, joueront le match dans un état qui nécessitera un remède
miracle ayant le pouvoir de clouer leurs crampons au plancher des vaches. En
conséquence de quoi, l’arbitre ne fera pas la différence entre les deux
conceptions de l’expression avoir un coup dans le nez.
Pour
l’anecdote, il existe un moustique exotique dont le dard ressemble étrangement
à une seringue. Cette espèce a, en effet, le don de secouer les endormis et de
dessaouler les beurrés au moyen de piqûres savamment dosées. Les yeux des bêtes
traitées deviennent subitement rouges et leurs naseaux fulminants, tandis que
des cris rauques montent des poitrines gonflées tels des airbags après un accident.
Avant certaines rencontres sur le pré, il est assez courant d’assister, dans
les recoins obscurs des vestiaires, à des messes basses diaboliques où le curé
qui officie n’a jamais porté la soutane. Dix minutes plus tard, comme par
enchantement, un nuage de buses fond sur des aigles royaux et un banc de
merlans s’attaque à des requins… Chaque pauvre petite bestiole fragile aura
reçu sa ration de coups de fouet dispensés par une substance suspecte qui
l’armera pour dévorer le dompteur ou le prédateur en un claquement sec des
mâchoires. Mais, fort heureusement, ici, nous n’avions pas les moyens de nous offrir
cette motivation animale et ces ampoules éclairantes qui allument les muscles
nocturnes des lampadaires sur pattes.
?
Un
jour, avec deux potes de longue date, nous touchâmes un gros Quinté + dans
l’ordre : plusieurs centaines de briques. Neuf et des poussières. Nous
frôlâmes le milliard de vieux centimes, et, comme dirait Victor Hugo, le coup
de chapeau passa si près que le favori fit un écart en arrière, laissant tout
loisir à l’outsider de der de se faufiler dans le quintette de tête. Ou quelque
chose d’approchant. On lui donna tout de même à boire… mais après qu’il fût
rentré au paddock.
C’était
une grosse touche à l’occasion d’une partie de pêche aux euros aléatoires. Nous
nous étions alignés sur les rives de la faillite, frontières étouffant à bâbord
et à tribord le long fleuve si peu tranquille de la vraie vie. Comme un peloton
d’exécution qui n’a rien à mettre en joue et choisit de tirer sur les nuages,
sur du vent. Là, notre imaginaire nous permit de descendre un coffre-fort en
plein vol. Nous avions envie de botter en touche ; mais, après ce cadeau
de la providence, ce sourire de dame la chance, nous ne le fîmes point…
C’était juste l’opportunité de jouer sur les maux. Oui, nous empochâmes de quoi
bâtir une cabane de millionnaire, et de s’y abriter pour longtemps sans avoir à
bouger le petit doigt pour attraper le parapluie. Cela tombait (?) plutôt bien,
oui, car notre toit était percé.
Le
paratonnerre s’y battait contre l’antenne de télévision, et il y avait de l’électricité
dans l’air. Le toit était devenu un ring de boxe, et chaque coup s’entendait
jusque dans la rue, cinquante mètres plus bas, où les passants levaient la
tête, interpellés et négligeant le passage d’oiseaux aux problèmes intestinaux
très peu urbains, ma foi. Aussi, si cela avait continué de la sorte, il aurait
fallu ériger un barrage afin de canaliser l’hémorragie évacuée par les plaies
rouillées de ces combattants anorexiques. Ils s’affrontaient à quelques pouces
à peine du plafond du grenier dont les poutres de soutènement avaient été
fragilisées par le travail de sape des termites. Plantées sur les hauteurs
citadines et tutoyant le ciel, ces sentinelles squelettiques avaient chacune
une mission spécifique : l’une captait les ondes hertziennes, l’autre
capturait les courants électromagnétiques. Mais, présentement, en cette nuit
d’orage, inondées par trop d’échos aux résonances de fréquence de guerre, elles
se démembraient, tels deux épouvantails luttant pour qu’il n’en reste qu’un,
régnant enfin sans partage sur le méchant peuple des tuiles.
J’avais
baigné maintes fois dans ce songe débile dont la symbolique m’échappait
totalement. Un jour peut-être en parlerais-je au psy que je ne connais pas
encore et qui, de ce fait, ne me coûte rien…
Mes
amis et moi perdions notre argent par trop de fissures, et nos poches, à peine
recousues, se lézardaient à nouveau ; ce qui provoquait la fuite de nos
capitaux. Il était donc urgent d’endiguer la crue.
Ainsi,
nous fûmes tirés de ce mauvais pas par cinq trotteurs pas du tout menus et qui
n’étaient en aucune façon des chevaux de bataille(s), dont deux que l’on
n’imaginait pas aptes à figurer à pareille fête ! Avant tout, des carnes
paisibles, comme une paire d’yeux qui clignent dans la nuit, et affichant de
concert l’idée lumineuse d’être présentes à ce rendez-vous sur le pré, pour en
découdre avec des cracks à l’aura rutilante.
Tout le
contraire de mon club fétiche, au passé reluisant, et qui se laissait dompter,
fauve édenté et dont les griffes auront été polies, par des équipes de
minets !
Mais,
d’abord, il faut que je vous présente en quelques mots ce duo de lascars
ubuesques, les situant avant l’apport financier qui nourrit notre nourrain,
dont la rime avec bourrin fut plus riche que jamais.
L’un
d’eux s’appelle Albert Lingo. Il avait un nom prédestiné, certes, mais, manque
de bol, avant ce rebond favorable, ne roulait pas vraiment sur l’or. Loin de
sniffer les pépites, il roulait même à côté, conducteur prudent et attentif à
l’environnement. En vérité, il était plus fauché qu’un SDF à qui on ferait
payer un loyer pour le squattage d’un carton ayant servi à l’emballage d’une
commode Louis XV.
Lui, je
l’ai connu presque au berceau, durant l’été qui précéda mon entrée au CM2. A
l’époque, son jeu préféré, c’était flanquer la trouille aux minettes nattées en
lâchant des caisses dignes du barrissement d’un éléphant enrhumé. Nous nous
étions rencontrés dans la rue, devant chez moi, alors que je m’apprêtais à
prendre parti pour une boutonneuse qui s’était sentie (?) agressée par la
déflagration abdominale. Cependant, elle s’était si mal débrouillée pour se défendre
que j’avais renoncé à l’aider, me disant que, finalement, cette gourde méritait
de subir les conséquences de cette explosion de gaz. Mais, je l’avoue, c’était
surtout parce que j’avais moi-même sursauté à l’appel du cor (du corps ?).
Par la suite, j’ai beaucoup ri de ma connerie et de la vulgarité viscérale (?)
de mon nouveau pote.
La
jeunesse nous aiguillait vers une voie que nous empruntâmes sans songer au
terminus, la gare où stoppent tous les trains à destination du futur. Hélas,
les rails ont égaré leur parallélisme plus tôt que prévu. D’abord, à cause
du déménagement de mes parents, qui motiva un changement de quartier, ensuite
quand Albert alias Bébert-la-trompette a dû quitter la région parce que
son père, contrôleur des impôts, avait déniché une promotion qui s’imposait
ailleurs. En réalité, il avait rejoint une maîtresse plus gironde en… Gironde.
Et, comme il goûtait fort, mais très fort, le Bordeaux… Etrangement, et
grâce à une surprenante faveur de madame le Juge, il avait obtenu la garde de
son gosse après le divorce forcément envisagé et conclu. Le contrôleur des
impôts était un imposteur !
Il faut
souligner, avant de tirer un trait sur cette affaire, que la mère était plutôt
une adepte du revenu facile. Et, sous couvert de ménages à faire pour ménager
ou arrondir les fins de mois, elle se laissait quelquefois aller à la gaudriole
rémunérée, au risque d’arrondir autre chose que le trentième ou trente et
unième jour (en février, c’est relâche). Cela sert, parfois, d’avoir des
connaissances en hauts lieux, et papa Lingo avait grimpé les marches pour
accéder au sommet de l’escalier sans rater le moindre échelon – l’ascenseur
était en panne.
Le
second, Franck Odpor, était un peu fou ; mais, avant tout, prématurément
obsédé par le… le côté sexuel de la force. Apparemment, certains rapports très
humains l’interpellaient déjà fortement. Dans notre classe de CM2, uniquement
pour contrarier l’institutrice, il était passé en un éclair de génie du statut
de meilleur élève à celui de cancre universel. En effet, s’étant aperçue que le
petit Franck laissait trop souvent tomber son taille-crayon, elle s’était mise
en tête (et ailleurs) de porter le pantalon en toutes saisons. Il perturbait la
classe, oui, car, quand il se baissait pour ramasser l’objet entêté et fuyant,
il faisait craquer le pupitre de son bureau en s’y appuyant. Finalement, le
bonnet d’âne virtuellement vissé sur le crâne, il s’était enfin senti délesté
du poids de sa couronne d’élève prometteur et ne regardait plus mademoiselle
Brendel alias Miss Brin d’aile que d’un œil concupiscent.
Ces
raisins sont trop verts et bons pour des goujats… N’est-ce pas, monsieur
Jean de La Fontaine ? Qui avez toujours raison, finalement…
Par ses
bons résultats, il avait sans doute cherché à attirer son attention, à la
captiver par le charme des bonnes notes. Ensuite, constatant qu’il échouait
lamentablement dans son entreprise de séduction, il avait tout laissé tomber
pour ne s’occuper que du viol visuel en approche rapide de la cible si ardemment
convoitée. Cela n’avait pas duré très longtemps : la minijupe avait été
revue à la baisse et corrigée, masculinisée… Si, en hiver, elle avait porté un
pull décolleté, les jeunes mâles se seraient penchés sur la question, y plongeant
régulièrement leurs illusions, n’est-ce pas ? Alors, pour autant,
l’aurait-elle troqué contre une doudoune ?
Il
s’était ensuite comporté en mauvais sujet, et ses notes s’étaient raccourcies,
tandis que la minijupe se rallongeait. Cela évoquait une queue de lézard qui
repousserait plus longue chaque fois qu’un chat l’émasculerait d’un
méchant coup de patte. Plus aucune raison d’être aimable avec une personne qui
affiche autant d’ingratitude. Elle n’avait pas le droit de refuser sa
participation au synopsis de ce roman d’amour d’enfance que Franck avait mis en
chantier et qu’elle avait détruit durant l’érection du bâtiment, à la manière
d’une pucelle castratrice.
Miss Brin
d’aile
avait mérité un zéro pointé !
Dès
lors, elle était redevenue la maîtresse d’école qu’elle n’aurait jamais dû
cesser d’être, abandonnant la panoplie de l’icône inclassable, de la maîtresse
d’un rêve de gosse, lorsque les draps témoignent, à l’aube, de la nuit agitée
qui en a découlé. Et maman, le lendemain matin, feindrait de ne rien
constater, un sourire au coin des lèvres, masquant pudiquement une émotion de
mère qui sent son gamin grandir ailleurs qu’en elle, au sein de l’écrin de son
propre ventre.
Mais
voir baisser sa moyenne trimestrielle n’aura pas érodé les pics érotiques de la
libido galopante de Francky alias Zizi-taille-crayon !
Leur
premier point commun, à tous les deux, Bébert et Francky, ils le
doivent à leurs origines slaves, comme en atteste le nom de leurs pères. Le
deuxième, c’est leur passion des canassons. Une double coïncidence, en quelque
sorte. Le troisième… c’est moi ! Moi, oui, qui ai présenté Bébert à
Francky, puisque le pétomane ne fréquentait pas (heureusement ?)
notre établissement scolaire. Lors de nos retrouvailles vingt ans après avoir
abandonné l’état d’adolescence pour rejoindre le pays des adultes, le trio
affichait 114 années au compteur. Un bail. Le tiercé dans l’ordre. Mais il y
avait eu photo à l’arrivée. Un coup de chance. Un de plus.
Tenaillés par la nostalgie, ils étaient retournés au pays. Pour vieillir
intelligemment au sein d’une ambiance rajeunissante et ponctuée çà et là de cet
accent rocailleux mais chantant qui reflète l’âme des poètes d’Ovalie.
Les grandes cités ne réussissent pas à tout le monde ; fréquemment, elles
réveillent des souvenirs dont l’écho appelle l’être humain à imiter un boomerang.
Un retour aux sources, c’est le meilleur moyen de rester fidèle aux racines de
son arbre généalogique, car c’est de là que la sève remonte au cerveau, pour
rappeler à chacun ses origines et qu’il est redevable aux anciens…
Mazamet
n’est pas une ville assez grande pour que l’on ait besoin de s’y donner
rendez-vous ; le hasard y est très actif et commande au destin. Ici, après
une longue période d’absence, de séparation, on se retrouve communément au coin
d’une rue, à la Poste ou dans un bar qui fait PMU.
Eux,
ils ne prisaient guère le rugby. C’était un sacré tandem d’incultes, de
béotiens, de… De brutes épaisses bruts de décoffrage. De bovins avides de bons
vins. Ces deux nigauds préféraient la boxe, et ils osaient appeler cela le…
Noble Art. De plus, lorsque je ricanais en entendant proférer ce blasphème, ces
ours mal léchés menaçaient gentiment de me prouver sur-le-champ (De
courses ? De bataille ?) le bien-fondé de leur affirmation, mimant
l’usage de la force. La camisole humaine. Ils m’étreignaient, emprisonnant mes
bras dans les leurs, positionnés en étau. Il ne manquait plus qu’un troisième
luron pour me mettre gaiement un pain (et dans le pétrin), tandis que je serais
lâchement immobilisé, bien ancré sur mes positions, par quatre mains virtuoses
de déménageurs de pianos.
La
méchante force, la bonne farce ! Plutôt le « pugil’art »,
leur sport de prédilection, oui… et ils ne se privaient jamais de me le prouver
avec force détails. On éclatait forcément de rire, pliés, le diaphragme comme
un marteau-piqueur. Mais ces bourricots auraient aimé, justement, m’éclater
pour de bon, afin que j’adhérasse sous les coups de boutoir à la secte des
suceurs de ce sang prétendu noble et qui s’écoule en longues rigoles écarlates
et visqueuses sur le ring des artistes du punch.
La
baston sans bâton, la raclée sans raclure, la branlée sans branle-bas…
Je n’ai
jamais trop capté où se situait la noblesse dans l’action de se mettre, à
froid, des marrons chauds en pleine poire. Des bourre-pifs en veux-tu en voilà…
et un mec, au milieu, qui décide si le coup de poing en vaut la chandelle (36,
je crois), la peine, ou le déplacement. L’arbitre, habillé tel un zèbre, qui se
croit à l’abri des gnons, l’air hautain mais n’en menant pas large en
arrière-pensée. Comme si les deux lions s’affrontaient pour décider qui, le
premier, goûterait à la chair de l’équidé déguisé en homme dont le pyjama
évoque l’étoffe d’un bagnard. Mais une barrière séparait les fauves de la
fragile proie, et cette barrière était invisible, et ils en avaient besoin, car
pas de sport sans désir d’épargner l’unique individu, hormis Dieu, notre papounet
céleste à tous, capable de bénir un vaurien et d’en déclarer officiellement la
suprématie.
Encerclant l’anneau des seigneurs, des gnomes tout droit sortis d’un
roman de Tolkien dénotaient, en notant les belligérants, d’un malaise profond
difficile à gérer. Arborant un air de conspirateur, chacun brandissait une
ardoise qu’il refuserait de payer si elle se retournait contre lui, froissant
sa face chafouine de vieille fouine. On les sentait tous dans les starting-blocks,
prêts à sortir le chiffon et à effacer la fausse note en cas de coup de vent
contraire, de boxeur furax. Il leur faudrait un dixième de seconde pour en
inscrire une nouvelle, plus à même d’apaiser la mauvaise foi du gorille égaré
dans les brumes de la colère. Contrôleurs des travaux finis, ils étaient si
pointilleux dans leur façon de compter les points (les poings ?), qu’une
minuscule virgule les déboussolerait. D’authentiques clones aux réactions
stéréotypées de clowns tristes. C’était comme à l’école des fans ou à
l’occasion d’une compétition de patinage artistique, sauf qu’en ces lieux, la
craie qui calibrait les ébats des lutteurs foireux sentait le musc et le sang.
Donc,
partant de là, autant pratiquer le rugby, où les bagarres deviennent la plupart
du temps des « orgies-pugilats » sans danger, ni contrecoups…
Où la convivialité des beignes échangées invite à se mettre à table. Juste une
réunion de famille où chacun à son bon mot à dire et s’exprime en toute
liberté, à grands coups de gueule et de rouge. Et, si on y confond parfois le
cuir avec la tête d’un interlocuteur, mordant à pleines dents dans une oreille,
c’est uniquement par souci de se faire bien entendre. On y ouvre aussi la boîte
à gifles dans la joie et la bonne humeur, chacun offrant ses joues avec délectation,
gardant un chien de sa chienne dans la niche où sont entreposées toutes sortes
de répliques cinglantes. Et, celui qui en détient la clef se gardera de
déboîter : un accident est si vite arrivé ! Que des trucs très
catholiques, ma foi, non ?
Pour
moi, la boxe n’est qu’un sport barbare : les crânes qui s’y cognent
sonnent creux, les poings sont d’acier et les mâchoires en béton armé… On y met
des gants pour éviter d’en prendre. L’une de ces disciplines que l’on pratique
parce que le physique doit forcément primer sur l’intelligence, surtout dans un
milieu spécifique que je me garderai bien de nommer, craignant des représailles
obtuses et musclées. De plus, je n’ai aucun légataire universel, et l’Etat ne mérite
pas de profiter des talbins que j’ai gagnés de haute lutte à la sueur des
encolures de dadas et de bidets.
Un
comble, mes lascars prétendaient que le rugby était un sport de voyous :
approche basique d’une discipline universitaire. C’est l’histoire du bossu qui
se moque du dromadaire, hein ? Un sport de voyous, certes… mais pratiqué
par des gentlemen ! Et pan ! dans les dents ! KO
technique ! Non mais… M’enfin… Si je ne me retenais pas… Mais je me
retiens… On ne sait jamais…
Finalement, Bébert et Francky, je les appréciais surtout
parce qu’ils avaient de bons tuyaux – bien qu’avec un pétomane, il faille se
méfier. Non pas qu’ils fussent plombiers, mais parce qu’ils avaient des
passe-droit et se rencardaient sur les chances réelles de certains pur-sang
pour sang en cavale les jours de réunion équine (et carton plein).
Pour
les néophytes, sachez que, dans le giron des courses hippiques (et quelquefois
épiques), tuyau signifie information secrète.
Bon, je
n’ignore pas que les pur-sang sont des galopeurs, mais je ne peux m’empêcher de
les désigner de la sorte. Avec ma manie de donner des surnoms à tout ce qui
bouge, se présente, j’en arrive parfois à oublier les véritables noms. Dans la
rue, chaque fois que je croise un chien, un sobriquet jaillit de mon cerveau et
habille l’animal. Et, pour peu que son apparence me marquât, la bête était immédiatement
rebaptisée et inscrite à vie dans le registre de ma mémoire.
Là,
donc, le dossier qui nous occupait se traitait au triple galop. Allure qui est,
paradoxalement, trop naturelle, et que je n’apprécie pas spécialement sur un
plan strictement esthétique. Novice en la matière, aucune émotion n’émane de ma
personne à l’occasion de litiges entre jockeys, cravache en main ; par
contre, j’apprécie les drivers, leur taille plus respectable et leurs faux airs
de papas bougons. Eux, ils tiennent la cravache comme des pêcheurs au fouet –
mais ce sont les jockeys qui prennent la mouche. Surtout, lorsqu’à la fin de la
course, ils sont caparaçonnés de boue et me rappellent les golems sculptés dans
la terre lors d’un match de rugby arrosé, un après-midi où les nuages pissent
sur le pré.
Voilà,
le sulky, troisième élément du char, motivait plus mon portefeuille pour
taquiner le PMU qu’un nain de jardin anorexique juché sur la croupe d’un
bestiau coureur.
Je
n’étais pas connaisseur et ne jugeais que sur des impressions superficielles,
primaires. Je ressemblais aux deux autres, là, tiens, mais ma mauvaise foi
légendaire refusait de l’admettre. Pourtant, je dois reconnaître que je n’étais
pas réellement intéressé ; j’avais juste un esprit ludique très prononcé
quand il s’agissait de miser du fric sur quelque chose ou quelqu’un. Alors sur
des cartes ou des chevaux, des numéros de tombola ou des lévriers, c’était la
même chanson de gestes, un vice inextinguible… Sauf qu’un animal est plus
contrôlable que la scoumoune, et moins capricieux. Et parier sur une course de
culs-de-jatte ou d’hommes invisibles à poil ne m’aurait pas effrayé outre
mesure.
J’ai toujours pensé qu’il n’y avait rien de
plus bête (?) qu’un turfiste ; et là, avec ces têtes de mule aux basques, ce
n’était pas le pied ! Ils rechignent à compter lorsqu’il s’agit de
rembourser des dettes, mais quand il faut mettre du fric sur quatre pattes
présumées véloces, pas besoin de sortir la calculette, hein ? Ce sont là
des leçons plus aisées à assimiler que l’arithmétique, l’algèbre, la géométrie
ou les équations (bien que ce mot ressemblât étrangement à équitation)…
Comparer les performances des chevaux, c’est apparemment aussi absurde que de
miser sur la fidélité d’une moitié, homme ou femme, au cours d’épousailles
cataloguées et calibrées vingt ans à l’avance, non ?
Nous partageâmes nos gains en trois parts
égales, et j’encaissai dans la foulée mon gros lot. Nous avions choisi deux
canassons chacun. Eux avaient jeté leur dévolu sur quatre favoris, forcément,
mais moi, le béotien, j’avais eu l’audace d’immiscer dans notre combinaison à
six chevaux (tellement mieux que le char de Ben-Hur !) des
traîne-savates, les derniers à la cote : 55 et 70 contre 1. Et c’est grâce à
cette paire de cor… de carnes que nous avons donc gagné une valise en carton
bourrée de petits papiers joliment décorés. L’une s’appelait Rebond de
Traviole, l’autre Galopin d’Essai. J’aimais assez.
Plus jeune, absolument rien n’avait présagé qu’un jour, je me friserai les moustaches sur le dos d’un Quinté + ! Meule, je ne brouterai point de ton foin, jamais il ne faut dire.
Jadis, passant par hasard devant un bar PMU, je me tordais systématiquement de rire à l’idée de croiser le regard rempli de certitudes de tous ces adeptes de la secte dada, et, aujourd’hui, je me félicite encore d’en avoir connu au moins deux qui m’ont encouragé à prier avec et comme eux. Et, en prime, pour corser l’addition, c’était une course de galopeurs. Du plat… même pas de haies à se mettre sous les pattes, ni de rivière à enjamber, lorsque le fier coursier frotte son ventre à la barrière qui précède la flotte en forme de piscine du pauvre. Parfois, les jockeys s’y vautrent, la tête la première, après avoir effectué un saut de l’ange du plus bel effet parce que le cheval a pilé devant l’obstacle. Et ce spectacle m’enchante.
Pour l’anecdote, dommage que le métier de baptiseur
de poulains n’existât pas ; j’eusse été un pro en la matière. Et les
turfistes, en cochant la case correspondante sur leur ticket PMU, auraient été
pris d’un fou rire nerveux en songeant au nom de l’animal. Bigre, si je
possédais un dada, qui sait comment je l’appellerais… Bidet Chevalier ?
Cavale de Biais ?
Tiens, peut-être qu’un jour, va savoir… Rebond
Favorable gagnera la course de l’édition. Mais j’anticipe déjà. Ce n’est
pas une bête qui cherche à rattraper son ombre, tandis qu’une casaque et une
toque s’agitent, cravache en main, sur son échine, sac à dos dont elle se
passerait volontiers, je présume.
Ainsi, j’étais devenu riche ; mais,
paradoxalement, je devais me méfier de cette aubaine tombée du ciel. De la
pluie empoisonnée. Un antécédent de triste mémoire me touchait de près, de très
près. Jadis, alors qu’il venait d’apprendre par la radio que banco !
il avait enfin alpagué un tiercé dans l’ordre, une somme dérisoire, mon père
avait eu, sur sa lancée, un accident de voiture. Il était tellement heureux
d’avoir fait la nique à la chance que la mort avait bien failli venger la
chance. Chantant à tue-tête pour couvrir la radio, il s’était égosillé et,
étouffé par une bulle d’air, s’était mis à tousser, relâchant son attention.
Sortie de route, borne qui dévie la trajectoire du véhicule, arbre mal planté,
traumatisme crânien, hôpital, six semaines de coma… Sans compter, dès son
émergence du néant, l’amnésie partielle
fort heureusement diagnostiquée provisoire dès la plongée en apnée.
Et, si un pote n’avait pas été là pour lui rappeler qu’il avait accroché un tiercé dans l’ordre, il ne se serait jamais souvenu avoir seulement joué. Revigoré, il avait placé l’argent sur un livret d’épargne qui m’était destiné. J’étais gosse. Des broutilles. Mais, pour lui, c’était toujours cela de pris sur l’ennemi ; et, pour moi, un acompte sur l’avenir.
Tout
ce qui m’arrivait m’avait réconcilié avec le rugby et confirmait le mépris que
j’éprouvais à l’endroit des turfistes : c’étaient eux, les bourrins !
Après leur avoir remis leur écot, car j’étais préposé à la banque, j’ai décidé
de ne plus les fréquenter. Le duo de lascars, pas les canassons. C’était un
beau cadeau d’adieu. Ils m’avaient indirectement rabiboché avec le SCM, mon
équipe fétiche ; je suis donc retourné voir jouer Mazamet. Et, depuis ce
jour, ils n’ont pas arrêté de vaincre… Quand je vous dis que la bonne fortune
est contagieuse ! De plus, ils s’étaient mis à jouer comme des cracks.
La baraka appelant la baraka, j’ai
recommencé à jouer et à gagner au poker, accumulant un pactole, ma foi, fort
peu négligeable. Je repensais souvent à mon père et faisais très attention à ma
peau. J’y tenais, et ce n’était pas l’instant idéal pour être pelé par une faucheuse.
J’avais maintenant les moyens d’acheter les
adversaires en attendant la fin de la saison, mais ne le fis point. D’une honnêteté
maladive, ils m’auraient vite guéri de chercher à les corrompre. Quelques gnons
sortis de la boîte à gifles m’aurait enfermé dans un mutisme de bon aloi. Deux
ans plus tard, j’ai racheté le club. En trois saisons, nous sommes remontés de
trois divisions ; et, à l’issue de la quatrième, nous fûmes Champions de
France, battant le Castres Olympique – l’éternel rival – en finale, sur le
score sans appel de 48 à 13.
J’avais
misé sur le bon cheval. Les pur-sang pour sang étaient désormais dans
mon camp et se déplaçaient sur trente pattes véloces et velues (pour la seconde
fois, j’omets volontairement les remplaçants). Et nul besoin de transfusions douteuses
ou de produits dopants pour qu’ils filent à l’anglaise vers les deux poteaux
d’arrivée ! On a installé des moustiquaires.
?
Plus
tard, pour étaler mon expérience au grand jour, j’ai écrit deux bouquins :
Rebondissement Capricieux et GalopS d’EssaiS. J’avais insisté
auprès de mon éditeur pour les deux s finaux du second titre, et pour les voir
apparaître en majuscule sur la première de couverture.
C’est
très à la mode aujourd’hui : on écrit parce que l’on sait écrire, pas
parce que l’on a un talent pour écrire. Je profitais du système et n’en
éprouvais aucune honte. Bon, d’accord, je suis connu maintenant, et qui n’a pas
dans ses relations un éditeur sympathique qui… Le patron des Editions de
L’Hippocampe, qui était un ancien du Jockey-Club, m’avait pris au mot
lorsque je lui avais présenté le double projet. Un ancien jockey éditeur…
heureusement qu’il ignorait que mes faveurs allaient plutôt aux drivers.
Aujourd’hui, même la mafia a des vues sur ma modeste personne ;
aussi je me tais, épargnant la susceptibilité de cette grande dame dont le
chapeau aveugle son ombre.
Sans
doute des malchanceux ont-ils, pour commencer, besoin de réagir par la lecture.
Et, s’ils ont un paratonnerre et une antenne de télévision qui ne se font pas
la guerre pour mieux capter ou capturer l’invisible, ils auront peut-être
l’occasion de s’enrichir en pariant sur du palpable.
De mon
côté, pour Rebond Favorable, j’hésite encore entre acheter un poulain
que je rebaptiserai, pour le seul plaisir de le voir gambader dans le champ
derrière la superbe maison que j’ai achetée, adossée à la Montagne Noire, à
deux pas de Mazamet, en pays cathare, ou écrire un troisième livre pour lequel
ce titre s’imposera.
D’habitude, on rédige un texte, puis décide du titre une fois qu’il est
terminé, n’est-ce pas ? Là, je créerai un contexte uniquement en fonction
de l’intitulé… Révolutionnaire, non ? Il me suffirait peut-être de
raconter ma vie, en y ajoutant le piment nécessaire à éveiller la curiosité du
lectorat, y compris les indiscrétions salées. Ce serait un galop d’essai, car,
bizarrement, il m’avait fallu plusieurs semaines avant de décrocher les titres
racoleurs qui collaient parfaitement à mes premiers opus. Hésiter dans cet
exercice, ce n’était pas vraiment dans ma nature.
Dans
les deux cas, pouponner un poulain ou poser de la prose, je resterai assis au
coin d’un bon feu de cheminée, comptant et recomptant mes dividendes, entre
deux chapitres tapés dans le clair-obscur. Les flammes danseraient dans l’âtre
et sur les murs, et les visages de mes potes d’antan apparaîtraient, en ombres
chinoises, un sourire crispé au coin des lèvres se dessinant en relief. Et si
les cendres se soulèvent soudainement, comme sous l’effet d’un courant d’air
impétueux, je saurai que c’est Bébert, le pétomane, qui se lâche encore,
sortant du néant une créature de rêve à la chevelure flamboyante qui soulagera Francky,
l’éternel amoureux.
Le
portable à portée de main, je téléphonerai à mon lad ou à mon entraîneur :
à l’un, je demanderai comment va le bébé dada, à l’autre, quel joueur il nous
faudra, la saison prochaine, pour remplacer untel sur son aile. De temps en
temps, je relèverai la tête, l’oreille attentive, car un bruit suspect, sur le
toit, m’indiquera que…
Il me
suffira d’allumer la télé pour savoir qui a remporté le combat. Et, si elle est
en panne…
FIN
(…
à Serge R.)