L'HIVER
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Les oiseaux nous ont quittés,
Déjà l'hiver qui les chasse
Étend son manteau de glace
Sur nos champs et nos cités.
A mes vitres scintillantes
Il trace des fleurs brillantes;
Vite, réveillons sans plus attendre,
Mon feu qui dort sous la cendre.
Voyageur imprudent
Retourne vers ta famille,
Si j'en crois mon feu qui pétille,
Le froid devient plus ardent.
L'ombre s'avance, et la nuit
Roule son char sur la neige.
Chérie, l'amour nous protège
C'est pour nous que le jour fuit.
Pas besoin de fourrures,
Toi seule, m'offre un doux soutien,
Alors, chauffons nous bien
Pour lutter contre la froidure.
Devant les flammes indiscrètes
Tes mains ne sont pas de glace.
Sur moi, elles prennent place
Pour des caresses secrètes.
Sombre hiver, sous tes glaçons,
Ensevelis la nature;
Ton aquilon qui murmure
Ne peut troubler notre chanson.
Nos portes restent closes.
Autour du feu, on se presse
dans un élan de tendresse
jusqu'au retour des roses.
VELOURS NUIT