Papi !
Quatre lettres alignées à l'infini
En ta compagnie, j'ai pu apparaître
Tu a tressé la toile de fond de ma vie
Tu fus, tu es ma raison d'être
Longtemps, ma seule embellie
Un jour avec toi tu m'as prise
Littéralement arrachée
Arrachée du lieu sinistre où j'étais captive,
En fait avec toi, à huit mois, ma vie a commencé
Mes premiers pas furent avec toi
Mes premiers mots, je te les dois
Mes premiers comptes fais sur les doigts
Mes premiers dessins, esquisses de toi
Mes premiers émois, aussi confiés à toi.
Tu n'es plus là, mais je te sais
Attentif, un sourire mi figue mi raisin
Toujours à tes lèvres, accroché
Soucieux pourtant encore, penché sur mon destin
Tu n'es plus là, que dis-je ?
Chaque jour en moi tu transparais
Chaque mot, geste, te déguise
En moi, seule encore, qui paraît
Papi, que n'ai-je pu jamais
Avoir le bonheur de te dire papa
Nous avons trop tôt été séparés
Et de cela je ne me remets pas
J'attendais tant ce moment où enfin
Nous pourrions, tous les deux, toi et moi
Crier, nous égosiller, être heureux sans fin
De pouvoir dire je suis de lui, elle est de moi.
Papi,
Mes quatre lettres à l'infini
Pourquoi si vite es-tu parti ?
Douce Vague