MOSCA LA LIBERTINE
Arghhhh!!!J’ai encore envie de dormir !
Lorsque je suis sortie de ma gangue, le moinillon de campagne relevait le bas
de son habit pour l’épousseter....
Les mille facettes de mon regard avaient été mises en veilleuse pour ne pas à
être éblouie..
Un paysage défilait derrière des vitres sales...celles du véhicule dernier cri
prêté par le Vatican à tous ses
“prieurs” de campagne....Il y avait des arbres,
des chemins qui partaient dans
tous les sens...Des automobiles de toutes les couleurs, des voitures qui
tiraient des remorques derrière elles.....
des gens qui semblaient marcher
comme des tortues , le dos courbés, la tête rentrée dans les épaules, faisant
gicler avec leurs pieds des myriades de gouttes d’eau....Et oui, ce jour là, il
pleuvait....
Et la pluie ça faisait beaucoup de bruit sur la capote de la deudeuche, que le
moinillon
avec un casque
bleu, un imper bleu et des tongs ...bleues....Ah ! J’oubliais...les
sacoches...bleues......elles aussi....
C’était nul et ringard...
Elle s’était rendue là bas dans l’espoir de convertir les “tsétsé” tribu
d’endormeuse et de fouteuse de merde..dans le monde syndiqué des
insectes....
revu et corrigé par l’ainée des
Diptères.....Mégamouch ma Môman bien aimée.... que j’allais quitter pour aller
vivre ma vie....Je me retournais, lui fit une léchouille sur sa patte si douce
et si veloutée...Une larme perla au bout de mes longs cils de soie.....
Me retournant brusquement je manquais de perdre l’équilibre..Je me rattrappais
de justesse...Il ne fallait surtout pas que je rate mon envol...La vitre gauche
de la portière arrière était entr’ouverte..Je filais droit vers la liberté....
Et un bon de plus ce qui ne gâtait rien...J’entendis une douce mélopée s’élever
de la
.Mais j’ avais refusé d’enfiler la parka façon année 7O que ma mère voulait me
faire
que j’avais héritées de mon paternel (a
ce que l’on m’avait raconté : moi, je ne l’avais pas connu, il avait quitté ma
mère alors qu’elle allait mettre au monde sa nichée de larves.... s’enfuyant
avec Anophele une voisine qui avait des actions dans un labo de vaccins contre
la malaria...)
Je décidais de soulever le chapeau de la boîte où j’avais flirtée avec
morphée...Rien, le noir
Je vis une tête devant moi...La tête de la dame à la Mobylette bleue... Enfin
je pensais que c’était elle...Vu qu’elle avait sur la tête des trucs bizarres
avec des piques plantés dedans et tout celà de
couleur bleu...J’en ai donc déduis que ce ne pouvait être qu’elle, Vu
qu’à part le cureton à la soutane, où j’avais ouverts mes quinquets, je ne
connaissais pas encore d’autres humains...Celà ne pouvait être qu’elle...
J’étire avec précaution mes longues jambes gainées de noir...Au bout de chacune
d’elles un patin de soie est là, doux et antidérapant...
Avec mes petites mains d’oisive, je frotte mes deux grands yeux aux facettes de
couleurs
changeantes...
Mon champ de vision est large, très large....
Mais qu’est ce qu’il fait noir....
Aie!!!!
Le logement est exigu...
La famille est nombreuse...
Ma mère, grande, belle, un peu large de hanches après ses multiples grossesses
a des reflets vert et bleu de toute beauté.
Elle a mis bas une portée de larves quelques jours auparavant...J’en fais
partie...Et... depuis quelques heures je suis devenue une belle jeune fille,
fine et racée....
Avec mes huit frères et soeurs, nous faisions connaissance en nous faisant des
câlins et des léchouilles qui étaient très agréables.
L’endroit où nous nous trouvions était adorablement vivable, humide, chaud et nauséabond à souhait...
Nous avions vu le jour ...........dans la soutane d’un curé...
Une vieille soutane noire des années cinquante, qu’un vieux moine enfilait pour
aller se promener dans la campagne, au volant d’une vieille “dedeuche” verte.
Ma mère avait profité d’un point décousu dans le bas dudit ourlet, pour s’y
infiltrer, aller y pondre ses oeufs et y faire éclore sa progéniture...
Je fus projetée avec ma famille dans tous les sens...
On se serait cru à la foire du trône avait dit maman...Savante, elle l’était
car elle avait beaucoup voyagé...elle était d’une famille nombreuse, ......les
Diptères....Et très fière de l’être apparemment..
Ca remuait drôlement dans l’appartement de vieille toile noire que le temps et
la saleté avait mis à rude épreuve. Une soutane...Y devait plus y en avoir
beaucoup au début de ce 21 et unième siècle....J’arrivais après une longue
lutte à me faufiler par l’ourlet qui ne l’était justement plus....
Une douleur brutale me fit
crier...Je venais de rencontrer la lumière....
La voiture décapotable et sans amortisseur faisait un bruit terrifiant qui
ressemblait à un gargantuesque râle.
Lorsque j’osais ouvrir mes petites loupiotes je m’aperçu que j’étais toujours
accrochée à la soutane...Par une patte seulement...mais je tenais....
Escaladant avec peine le rugueux et rébarbatif tissu, je me hissais jusqu’à
l’épaule du rondouillard homme d’église, et ce que je vis me fit tournebouler
le cigare....
venait de remonter...
Mes douzaines d’yeux furent attirés par quelque chose, devant nous sur la
route, qui avait obligé le papouilleur
de chapelet de Jésus à ralentir....
Qu’est ce que c’était beau...magnifique...génial....super cool ....Trop
beau...quoi !!!
Une mobylette année 70..bleue...que chevauchait une princesse
Mais qu’est ce qu’elle allait planplan....!!!
Sur le pare choc il y avait une plaque fixée, sur laquelle était
marqué.....YOYOTTE.....
Je ne savais pas trop en fait si c’était la mob où la majesté qui se la
pilotait, style B.B. sur sa Harley...qui se gargarisait du nom susnommé...Il
fallait que j’en ai le coeur net...
Ma mère qui m’avait rejointe sur l’épaule du pote à Jésus avec toute la
marmaille me léchouillait encore comme si j’étais toujours sa petite
larve adorée...
Je déployais mes ailes et me mis à tripoter mes antennes...Je les réglais pour
les mettre sur la bonne fréquence.. Si l me prenait l’envie de me tirer de
l’ambiance judéo-chrétienne qui régnait dans la clinique où j’avais vu le jour,
il fallait que je sois tip top...
La “matere” qui me connaissait comme si elle m’avait faite...vue que c’était le
cas...me demanda de rester encore un peu ..de ne pas jouer à l’aventurière...Je
lui répondis d’un ton sec qu’elle me lâche les patins...J’étais assez grande
pour diriger ma vie...
Naturellement comme toutes les couveuses elle me raconta l’histoire du grand
oncle Mouchame qui était une forte tête et qui avait fait les pires
“mouchardises” que l’on peut imaginer...Il avait fini les ailes brisées dans un
bol rempli de vinaigre...
Puis j’écoutais avec un agacement grandissant la dramatique fin d’un petite
cousine de ma génitrice la grande ZaZa qui , aventurière dans l’âme avait voulu
parcourir le monde... Elle s’était embarquée à bord d’un avion qui reliait le
continent africain...
Peine perdue...les traitresses l’avait amadouée au point de lui faire croire
qu’elle était leur salvatrice....
Avec des “tsétsèment” lugubre elles la pousèrent dans le chaudron des pygmés
mangeurs d’hommes où mijotait à petit feu un prêcheur un peu trop bavard...
mais tellement goûteux...Son dernier râle fut pathétique......
”Je suis cuite dit-elle...!.”
Cette histoire et bien d’autres faisaient partie du patrimoine familial et je
savais que si je restais j’en aurais pour des heures à me farcir les contes des
mille et une mouche...
(veuillez vous reporter au recueil de
Bzeubzeu Dipterus)
Droit sur la mobylette ...droit sur la princesse bleue....
Je me posais sur les sacoches trempées...Je dérapais...Me léchais pour sécher
mes ailes ...Puis je trouvais un passage...J’entrais dans un endroit noir, sec
et qui sentait pas la soutane......Des senteurs de légumes, de charcutailles,
de fromages déjà bien avancés avaient la une...
Je me faufilais sous un couvercle en carton sur lequel j’avais distingué dans
la pénombre une tronche qui me rappelait quelque chose....le moinillon de la
deudeuche.... la même coupe de cheveux, sans cheveux d’ailleurs...la même robe
...et le même petit ventre bien rempli...La boîte m’inspirait
confiance...L’odeur était super ...Quel moelleux...Mais nom d’une larve c’est un
camembert...
boite en question une fois que j’eusse refermé le couvercle sur mon
postérieur....
”Chaussée aux ...”
Vous connaissez la suite. J’vais pas vous la raconter....
Je m’endormis, après avoir fait ripaille....Bercée par le bruit de pétarade de
la mobylette bleu..
Je fis un rêve étrange....
J’étais dans un drôle de pays où il faisait nuit et froid....
Mais froid...froid de chez froid quoi !
C’est vrai qu’avec mes bas de soie et ma jupette noire en “velours panné” je
n’étais pas bien couverte..
mettre lorsque je vivais encore avec la marmaille....
Je commençais à la regretter... De violents frissons me secouaient et mes
mandibules claquaient super fort.. Pourvu que ça n’aille pas me péter les
jolies quenottes
complet...Mais un noir encore plus froid...J’avais les yeux qui me piquaient,
les lêvres qui se collaient comme si elles avaient peur d’être un jour
séparées...
Mes pattes, mes si fragiles petites pattes, ne me soutenaient plus... Je
restais allongée sur le fromage qui n’avait plus l’air moêlleux du tout... Dur
qu’il était le super calendos de chez
“Je marche tout seul”...
Et puis je tendis mes antennes... Qu’est ce que c’était que ce bruit, comme un
ronronnement... Mais
c’était pas un ronronnement qui calme et qui détend... Non, c’était un
ronronnement
“ennemi”...J’en étais sûre...
Tout d’un coup, une lumière aveuglante, me fit vriller les tympans...
Mais je me mis à rire... Elle avait sur la figure du blanc étalé...et par
dessus des rondelles de choses qui avaient l’air mouillées, de couleur verte...
Une musique, enfin si on peut appeler celà une musique... un tintamare emplit
mon espace
auditif...” ......qui en sortant dans la mare, se secouent le bas des reins....
coin... coin... coin... coin...”...
Quel bruit désagréable, surtout que la dame aux rondelles verte chantait en
même temps qu’elle tendait une main boudinée et rouge vers mon antre....