En revenant de Vannes, sur la route, je me suis mise à
regarder les nuages ! Et je pensais que si je pouvais les rejoindre, si ma
voiture pouvait s envoler sur sa lancée,ce serait bien ! J’aurai fini ma quête, j’aurai fini mes
recherches ! C’était toute une masse de nuages blancs, qui me faisait
penser à un de ces films de sciences fiction, quand les gros vaisseaux spatiaux
apparaissent précédés par une énorme nuée…
Il
était splendide ce banc de nuages… J’ai roulé de plus en plus vite pour
l’atteindre, mais seul mon esprit s’est envolé vers lui. J’ai pensé aussi qu’il
suffisait d’un tout petit écart, quand un des bolides de la quatre voies
s’apprête à me dépasser … Et bang ! Tout serai fini… Mais je me suis dit
que l’autre n’avait peut être pas envie de mourir ! Alors je suis encore
là…
J’ai traversé la vie doucement, sans regarder en arrière,
sans éprouver ni regret ni remords ! J’ai toujours fait ce que je croyais
juste, et si je me suis trompée, c’était involontaire. J’ai été fidèle envers
mes amis, courtoise envers les autres.
Depuis quelques temps j’ai quelques regrets : De ne
plus être jeune, de ne pas être belle, d’être désespérément trop ronde (pas
ivre !) grosse !
Je pensais qu’un solide sens de l’humour pouvait
compenser… Je me trompais lourdement ! (Forcément je suis lourde !)
Là Je viens de découvrir un autre sentiment que je n’avais
éprouvé qu’une fois, il y a très longtemps, et dans d’autres
circonstances : LA HAINE !
Pour un homme, pour les hommes, pour la connerie, pour la
discourtoisie, pour tous ces sentiments confus que j’ai du mal à
exprimer !
Je n’allais pas bien, mais là je coule et personne ne peut
rien pour moi…
Je ne suis pas une poupée Barbie, je n’ai pas le profil
d’une reine grecque, je serai plutôt comme une de ces femmes peintes par Renoir
(en pire), ma jeunesse est derrière moi, et la beauté… Elle n’est jamais
venue ! Et quand ils disent que seule la beauté intérieure les
intéresse ?Foutaise !
Je quitte le jeu… Ne me cherchez pas …
Que Dieu vous protège tous…
Il y a deux ans, j’ai acheté un ordinateur. Pour quoi
faire, me direz vous ? Peut être pour faire comme tout le monde, pour
introduire dans la maison une technologie nouvelle, pour jouer, pour mon fils…
Peut être ai-je pensé que ça servirai pour ses études, et que se serait un bon
investissement ! En fait, j’en sais rien, un coup de cœur, comme tout ce
qui régit ma vie ! Mais il est là !
En bonne élève j’ai pris des cours d’informatique pendant
trois mois, à raison de trois heures par semaine, et finalement j’en sais
encore moins !
C’est Marc qui m’a fait découvrir les espaces de
discussion : les chats.
J’y ai croisé beaucoup de gens intéressants, et d’autres
un peu fous ! Mais que c’est amusant de discuter avec des personnes d’un
peu partout, en France et dans le monde. Elles n’ont pas de préjugé
puisqu’elles ne vous voient pas. Qu’importe dans ces cas là, l’âge ou le
physique ! Seul compte la magie des mots. Quelque fois, pour quelqu’un qui
sort du lot, on donne un numéro de portable, et on a une voix au creux de
l’oreille… D’autres fois, on va à leur rencontre.
Quelqu’un m’a dit un jour, que le net était un miroir aux
alouettes.
C’est vrai !
Quand on est sincère, comme je l’ai été, le réveil est
quelquefois brutal. Mais j’y ai appris tant de choses ! Il m’a enseigné à
me découvrir, à savoir ce qui me manquait vraiment, sans hélas que je puisse
trouver la solution, à savoir exprimer toutes ces pensées obscures qui
envahissait mon esprit.
Je me suis investie totalement, sans réserve, sans
garde-fou, et le temps a passé trop vite… C’est devenu une véritable drogue,
dont j’ai du mal à me passer.
Au fil des mois, j’ai appris un vocabulaire, j’ai écouté
la vie, j’ai écouté les gens vivre !
Et moi, qui avait jusqu’à présent la réputation d’être une
femme réaliste avec les deux pieds sur terre, qui pensait avoir pas mal
bourlingué, je m’aperçois que je ne sais rien.
Je ne suis qu’une « nunuche » tombée d’une autre
planète ! J’ai traversé ma vie doucement sans rien faire d’extraordinaire,
et quand je ne serai plus là, personne ne se souviendra de moi ! Pourtant
là, je me souviens d’eux…
A chaque fois que j’ai eu des contacts intéressants, sur
le net, ils ont été par deux, comme si mon ange gardien, veillait, à m’empêcher
de faire un choix. Dans le fait que certains sont devenus de vrais amis, ce
n’est pas grave, mais après quand j’ai fait l’expérience des salons obscurs,
c’est devenu plus compliqué.
Mais revenons au
début de l histoire…
Je ne veux pas donner de pseudos, pour ne mettre personne
dans l’embarras, je donnerai donc des prénoms, les vrais...
Il a eu Bruno, et Alain…
Bruno et moi
avons fait nos premières armes ensemble. Nous avons découvert les sigles, les
abréviations, tout ce petit monde d’internet qui était sensé nous simplifier la
vie. Bruno était un incorrigible bavard, il meublait même les silences ! Il
faisait des séances de spiritisme, avec succès, disait il ! Je me suis
souvent moquée gentiment de lui… Il me racontait ses courses de patins à
roulettes dans Le Havre, son amitié avec son amie Mary, ses démêlés avec son
épouse… c’était un homme qui a vu son univers s’écrouler le jour où elle est
partie, mais qui au fond, bien qu’étant toujours très amoureux, n’était pas
pressé de la voir revenir ! Futilité…Elle est revenue, et tout est
bien !
Alain fut le
deuxième de cette période. Nous avions du mal à nous joindre, car il était
connecté de jour, et moi la nuit. Mais on y est arrivé. Nous avons beaucoup
échangé ensemble, une grande amitié est née, et peut être encore plus, par
intermittence…
Alain venait d’une île de soleil, où les habitants, fiers
et hardis, parlent avec l’accent chantant… Une île où les hommes aiment les
femmes et en ont le plus grand respect.
Il est arrivé gaillardement dans mon histoire et il en
sera un des fils conducteurs…
Pour beaucoup
ici, je suis Fran, pour certains Fany ou Frane, même Francky, lui, disait
Fanchon ou Fanch. Il y a eu des moments intenses, et une première rupture. Et
j’ai eu mal, si mal…
J’ai eu
l’impression de n’être plus rien, après avoir été beaucoup. Je sombrais dans le
néant, après avoir entrevu la lumière ! Il m’avait parlé de sa vie, de ses
amis de la jet- set : Mais là je lui avais demandé de ne pas insister,
n’étant pas du même milieu. Il me racontait sa fille et toute la fierté qu’il
éprouvait pour elle, les fêtes sur l’île, les soirées endiablées avec ses
copains ect…J’avais l’impression de vivre à travers lui, de participer. Il me
téléphonait des heures, pour rien… pour des broutilles, n’importe quoi, le
plaisir de s’entendre, de plaisanter, de rire, de chanter, d’échanger des
idées, me faire entendre un nouveau groupe ou une vieillerie qui nous rappelait
notre jeunesse respective. Une fois il m’a même téléphoner de 9 heures à 19
heures, quasiment non-stop !
J’étais aux
anges ! Moi, la délaissée, ce plaisir simple m’enchantait… Là j’ai eu sa
première invitation : chez lui, sur son île, dans sa maison ! Avec
description de ce qui pourrait être, mais je suis une femme pratique et je n’y
ai pas cru ! Alors, il a du pensé que je ne lui racontais des bobards, et
il a commencé à s’éloigner, prétextant qu’il devait s’occuper de ses bateaux,
en prévision de la saison touristique. Je m’étais donnée à fond
dans ces dialogues, et un beau matin… plus rien !
Silence radio ! Le vide… L’absence…
Là j’ai eu mal… si mal… Je pleurais, je ne comprenais pas
pourquoi… Première leçon de la vie de cette micro société qu’est le
web .Comme un amant lassé, il m’a dit partir en déplacement un long week
end, mais il n’est pas revenu… Pourtant je lui avais écris un poème pour chaque
jour d’absence…
J’ai effacé son nom de ma liste de contacts, ça me faisait
trop mal de le voir connecté sachant qu’il ne voulait plus me parler. Quelque
temps après, j’ai essayé de provoquer une explication, et il a rit ! En
vieux guerrier aguerri de tant de conquêtes, savoir qu’une pauvre cloche y
avait cru, l’amusait.
A partir de ce jour, je me suis efforcée de l’éviter, et
j’ai continué ma quête d’amis… Quand, au détour d’un salon, je le re croisais,
je restais muette… C’est revenu doucement, mais c est une autre histoire…
Iln’est pas
facile de circuler sur le net, surtout quand on n est pas née comme moi, avec
l’informatique au fond du berceau. A chaque fois que j’essayais de télécharger
quelque chose, ça clochait et je bloquais le système. Je suis d’ailleurs sure
qu’il lui en reste des séquelles à ce pauvre pc parce que de temps en temps il
me dit « erreur fatale » ! Comme si j’étais capable de
trouver ! Suis pas vétérinaire ! Pauvre bête ; il souffre tout
seul…
Je cherchais
désespérément des amis… J’ai rencontré, au détour d’un salon, Angel ! Un
véritable ange ! Sauf qu’il avait un accent épouvantable ! Mais
pourquoi les anges n’auraient ils pas d’accent ? C’était un ex basketteur
disait il, de l’équipe de Limoges… je n’ai jamais connu son prénom, pour moi,
c’était Angel, et c’est tout ! Mais il était d’une patience angélique, et
quand je m’énervais sur cette fichue machine, il m’appelait pour décomposer la
marche à suivre, pas à pas …
Je lui apprenais
des mots d’argot, et je l’initiais à tous ces petits jeux de mots qui font le
charme de la langue française. Car il était américain mon Angel, du moins
d’origine…
Un jour il m’a
dit : « Tu sais, je suis black ! » Je lui ai répondu :
« Eh alors, où est le problème ? » Et nous sommes devenus les
meilleurs amis du monde… pour un temps !
Il était sûrement très doué en informatique Angel, mais il
a commis une erreur : il me promettait des tas de choses que je ne lui
demandais pas, comme des disques, des jeux, mais il ne les a jamais
envoyés ! Il avait même discuté avec Marc un jour, à qui il a fait les
mêmes promesses ! Je ne supporte pas qu’on blesse un enfant, alors je me
suis lassée de ces belles promesses et de ces rêves…
Parallèlement,
puisqu’ils sont toujours deux, j’ai croisé Kem, un autre américain, un vrai
cette fois ! Il travaillait à Londres, il me parlait de sa vie loin de sa
famille, de ses relations londoniennes,de sa sœur qui vivait en France, à Lille, de son rêve de venir en
Bretagne ! Je l’avais invité très officiellement, mais il n’est pas venu…
Lui il était musulman ! Il me racontait ses déboires à l’aéroport d’Orly
qui ne s’étaient résolu que quand il avait menacé de faire venir son
ambassadeur à la rescousse ! Sommes-nous cons à ce point là, en France,
pour que nos fonctionnaires pensent que tous les Américains sont blonds aux
yeux bleus ? Au siècle de la mondialisation, il va p’te falloir se
réveiller !
Et puis Kem est sorti de l’écran.
Il a
cessé d’émettre un beau matin ! Nul doute qu’il soit rentré chez lui et
qu’il se soit trouvé une gentille fiancée .
Comme le temps passait, j’allais de l’un à l’autre, et
toujours était présent le plaisir de la découverte ! C’était comme un
grand puzzle étalé devant soi, et qu’on se mette a regarder les pièces sous
toutes les coutures avant de trouver où les emboîter. Je ne faisais pas
vraiment de tri, et je ne saurai pas expliquer pourquoi celui là plutôt qu’ un
autre ! j’éliminais juste ceux qui me paraissaient vulgaires ! Non
pas que ça me choquât, mais ça ne m’amusait pas non plus ! C’est à ce
moment là que je croisais Gérard ! Pauvre Gégé ! Je l’ai vraiment
fait marcher celui là ! J’étais d’abord sous un autre pseudonyme que celui
sous lequel j’écris actuellement ! Nous avions eu une conversation des
plus correctes… au début ! Quand cela a t il dégénéré ? Je ne saurai
pas le dire. Toujours est il que je me suis trouvé confrontée à un rendez-vous
que je n’étais pas prête à assumer, et j ai changé de pseudo… J’ai pris la
fuite, comme une gamine effarouchée. Longtemps après, je l’ai recontacté sous
un autre nom, et j’ai renoué le fil, en lui présentant des excuses… Mais si moi
j’avais un peu évolué, si j’arrivais à m’assumer un peu mieux, lui n’avait
guère changé. Il tenait à son rendez-vous, dans lequel je devais me rendre en
jupette, hyper courte, et sans culotte ! Il me promettait un après midi
d’amour à ne plus savoir où donner de la tête… Mais ma tête à moi, elle n’a
jamais voulu quitter mes épaules, et Gégé m’attend encore !
Et puis il y eut
David ! C’était comme une onde de fraîcheur… Un gamin, qui aurait pu faire
pâlir les titis de ma jeunesse, gouailleur, buveur, mais si adorable ! Il
était de Bordeaux, David, pas encore tout à fait 18 ans, mais déjà tant à
donner, tant à partager ! Nous avons cherché ensemble comment faire
transiter des fichiers, il faisait des essais de vidéos qu’il m’envoyait… Il
était un fils lointain, et j’étais un peu la maman qui lui manquait ! Il
me racontait ses petits malheurs, me présentait son père, me parlait de ses
copains, de ses vacances… Il me parlait de ses projets d’avenir, de son école,
de sa classe où il n’y avait que deux garçons pour trente cinq filles … Et il
en riait !
Il était la joie
de vivre cet enfant, et je crois bien, l’espace d’un instant l’avoir aimé comme
le mien.
Il paraît que le facteur sonne toujours deux fois à la porte
Il paraît que
le facteur sonne toujours deux fois à la porte ! Mais ça dépend des fois
du facteur. Quelquefois, ces fonctionnaires ne sont pas si zélés, et je sais de
quoi je parle, j’en ai épousé un !
Mais, moi, je continuais à rencontrer mes
fredaines par deux, ça finissait par devenir amusant, au point que lorsque je
croisais quelqu’un qui m’intéressait, je me demandais qui serait l’autre…
Cyrille voulait
être mon amant ! Vous me direz, rien de neuf sous le soleil ! Mais
j’avais encore tellement de mal à écrire certains mots, qu’envisager une
rencontre avec un jeune mec de trente ans me paraissait aussi incongru que si
on m’avait demandé de manger du poisson cru au petit déjeuner !
Pourtant je
l’ai laissé me conter fleurette, comme on disait autrefois… Dans l’intimité de
ma chambre, que je ne partage plus avec mon mari depuis de nombreuses années,
je recevais un homme jeune et plein d’ardeur ! Je crois bien que la
première fois où il a appelé, j’avais un peu trop bu. C’est sans doute pour ça
que je me suis laissée aller à des confidences ! Et comme je ne suis pas
prude, les fois suivantes, j’ai continué ! Je crois même lui avoir promis
qu’il serai mon premier amant ! Promesse que je n’ai pas tenue, bien
évidemment, mais c’est lui qui a abandonné la partie le premier !
Et il y eut Eric ! Il venait du
soleil, Eric, d’Aléria, pour être précise ! Il m’appelait mémé, du haut de
ses vingt et quelques années, et un moment j’ai partagé ses heures de farniente
au soleil, la chaleur et l’affection de sa maman, toute une galerie de photos
dont je n’ai gardé que les paysages, la joie de courir sur la plage avec sa
chienne…. Je lui avais dit que j’irai le voir pendant l’été… mais c’est un
projet qui est tombé à l ‘eau, faute de moyen !
Et Alain
recommençait à me parler… J’y allais doucement, à pas feutrés pour ne pas
l’effaroucher ou le faire fuir de nouveau…
Certains
diraient qu’une femme devrait avoir autre chose a faire dans une maison que de
passer son temps sur le net … avec des hommes ! On croirait entendre ma
belle-mère ! C’est vrai que je suis connectée souvent ou longtemps. Je
n’ai jamais été une mère ménage, et c’est si amusant ! C’est vrai aussi
que je suis connectée longtemps le soir et la nuit, mais au moins là, j’ai
l’impression d’exister ! Quand on arrive à cinquante ans et que la vie de
couple n’offre plus les distractions promises du mariage, faut bien se trouver
un dérivatif ! Je ne me plains pas, j’ai sans doute la vie que je mérite,
et je suis trop lâche pour en changer ! Et puisque AOL me permet de rêver
à moindre frais, je veux en profiter jusqu’à la fin du contrat !
Entre avril et
juillet, le hasard a mis les bouchées doubles, les contacts se sont chevauchés,
allant et venant, au gré des connections.
Christian habite Toulon et il cherche une
fiancée ! Avis aux amateurs ! Un homme sérieux, pas tapageur,
d’origine nantaise, où réside encore sa maman. Nous avons beaucoup parlé de
littérature, je l’appelle «joli cœur » et lui «p’tite fleur fanée »
Nous avons toujours plaisir à nous retrouver…
Il y eut Serge dit Kam. Avec lui aussi,
j’ai parlé littérature, mais sur un air moins innocent… psychologie
aussi !
Je me souviens de Blent (pas de son
prénom). C’était un homme jeune, qui bien qu’ayant pas mal bourlingué, avait
perdu cette fraîcheur d’esprit qui caractérise encore les jeunes de cet
âge ! Il se comportait en enfant gâté ! Peut être pour rattraper
cette enfance qu’il disait volée !Nous avions discuté
des heures au téléphone, et nous avons rompu
à la suite d’une grave divergence d’idée sur l’avortement ! Il était tout
d’une pièce Blent ! Son opinion ne pouvait être que la meilleure ! Du
moins il en était sur !
Il y a eu Stéphane le musicien, à qui
j’écrivais des textes qui ne valaient sûrementpas un clou puisqu’il ne s’en ai jamais servi !
Il a eu Mary, l’amie de Bruno, mon premier
compère. Je crois lui avoir soufflé des idées de révolte ! Mais elle, elle
a eu le courage de les mettre en application.
Patrick est la première personne que
j’ai véritablement rencontrée ! Pourquoi avons-nous sympathisé ? Je
ne saurai pas l’expliquer. Il est de ces êtres d’exception qui se remarque sans
le vouloir vraiment. Le courant est passé tout de suite !
Patrick organisait un stage
international d’arts martiaux, dans sa région, la Corrèze. Il était hébergé
dans les locaux d’un lycée, à côté de Tulle. Il y a eu des équipes d’un peu
partout, de la Hollande au Maroc, Mais on déplora l’absence des équipes
françaises, qui suivant les ordres de leur fédération, confondent fair- play et
gros sous ! Mais même sans eux, la réunion a eu lieu !
Le prétexte de cette rencontre, était que j’avais promis de les
filmer ! Je m’y suis donc rendue, avec Marc, mon fils, pour découvrir un
autre milieu…
Moi qui n’y connaissais rien, qui
vivais à mille lieues du monde sportif, j’ai été accueillie par ces gens qui ne
m’avaient jamais vue, comme si je les avais quitté la veille. Et Patrick et son
épouse qui, hier encore, ne me connaissaient pas, étaient aux petits soins pour
moi.
Je reconnais que la partie film a été épique ! Je ne savais pas
trop me servir du camescope emprunté, et j’ai déclenché un titre en faisant une
fausse manœuvre ! Les manipulateurs de caméra comprendront ! Toujours
est-il qu’en filmant de superbes karatékas marocains, il s’est affiché «oh le
beau poupon ! »
Mais Patrick ne m’en a pas voulu, et
nous en rions encore !
C’était un week-end de mai, il y a un
an déjà….
J’étais requinquée par cette escapade, c’était la première fois
que j’osais …
Mais l’accueil avait été si chaleureux,
qu’à nouveau je me suis mise à croire à la beauté du monde ! Et même
encore maintenant, quand mon cœur saigne, je repense à l a douceur de cet
accueil et je me sens mieux…
Mais ma quête continue…
Alain me reparlait, et je me sentais a
nouveau heureuse !
Et Serge est entré dans le cercle ! Il est de l’Est, Serge, et
ensemble nous avons réinventer le Jeu ! Pourtant, les débuts furent
difficiles, je n’accrochais pas. Faut dire que c’est un homme autoritaire,
habitué au commandement, et que si je sais pouvoir être douce, je déteste me
faire marcher sur les pieds !
Donc nos premiers dialogues ont commencé sous le signe des
orages ! Je ne suis manifestement pas son genre de femme, d’ailleurs je ne
l’en blâme pas ! Pourquoi le serai-je ? J’ai déjà expliqué que je
n’avais pas un physique particulièrement attrayant !
Au début, nous nous sommes conduit
comme deux adolescents, s’envoyant des mails, en vers, que lui, il les envoyait
coder ! Je trouvais ça extrêmement romantique ! J’attendais ces
messages avec impatience, et je sais que lui aussi… Quand l’euphorie fut un peu
retombée, je lui inventais des scénarios plus romantiques qu’érotiques, mais
quand même très suggestifs.
Et puis un jour, il m’a signifié son désir d’arrêter mes délires
littéraires, car disait-il, il n’arrivait plus à être maître de sa
libido ! J’ai respecté sa décision, mais si nous continuons à avoir
beaucoup de plaisir à dialoguer ensemble, rien n’est plus pareil. Un glas a
sonné dans mon cœur, et quelque chose est mort !