A LA RECHERCHE DES NUAGES



1ère PARTIE

APPRENTISSAGE

A la recherche des nuages…

 

En revenant de Vannes, sur la route, je me suis mise à regarder les nuages ! Et je pensais que si je pouvais les rejoindre, si ma voiture pouvait s envoler sur sa lancée,  ce serait bien ! J’aurai fini ma quête, j’aurai fini mes recherches ! C’était toute une masse de nuages blancs, qui me faisait penser à un de ces films de sciences fiction, quand les gros vaisseaux spatiaux apparaissent précédés par une énorme nuée…

Il était splendide ce banc de nuages… J’ai roulé de plus en plus vite pour l’atteindre, mais seul mon esprit s’est envolé vers lui. J’ai pensé aussi qu’il suffisait d’un tout petit écart, quand un des bolides de la quatre voies s’apprête à me dépasser … Et bang ! Tout serai fini… Mais je me suis dit que l’autre n’avait peut être pas envie de mourir ! Alors je suis encore là…

J’ai traversé la vie doucement, sans regarder en arrière, sans éprouver ni regret ni remords ! J’ai toujours fait ce que je croyais juste, et si je me suis trompée, c’était involontaire. J’ai été fidèle envers mes amis, courtoise envers les autres.

Depuis quelques temps j’ai quelques regrets : De ne plus être jeune, de ne pas être belle, d’être désespérément trop ronde (pas ivre !) grosse !

Je pensais qu’un solide sens de l’humour pouvait compenser… Je me trompais lourdement ! (Forcément je suis lourde !)

Là Je viens de découvrir un autre sentiment que je n’avais éprouvé qu’une fois, il y a très longtemps, et dans d’autres circonstances : LA HAINE !

Pour un homme, pour les hommes, pour la connerie, pour la discourtoisie, pour tous ces sentiments confus que j’ai du mal à exprimer !

Je n’allais pas bien, mais là je coule et personne ne peut rien pour moi…

Je ne suis pas une poupée Barbie, je n’ai pas le profil d’une reine grecque, je serai plutôt comme une de ces femmes peintes par Renoir (en pire), ma jeunesse est derrière moi, et la beauté… Elle n’est jamais venue ! Et quand ils disent que seule la beauté intérieure les intéresse ?  Foutaise !

Je quitte le jeu… Ne me cherchez pas …

Que Dieu vous protège tous…

Il y a deux ans, j’ai acheté un ordinateur. Pour quoi faire, me direz vous ? Peut être pour faire comme tout le monde, pour introduire dans la maison une technologie nouvelle, pour jouer, pour mon fils… Peut être ai-je pensé que ça servirai pour ses études, et que se serait un bon investissement ! En fait, j’en sais rien, un coup de cœur, comme tout ce qui régit ma vie ! Mais il est là !                                                     

 

En bonne élève j’ai pris des cours d’informatique pendant trois mois, à raison de trois heures par semaine, et finalement j’en sais encore moins !

C’est Marc qui m’a fait découvrir les espaces de discussion : les chats.

J’y ai croisé beaucoup de gens intéressants, et d’autres un peu fous ! Mais que c’est amusant de discuter avec des personnes d’un peu partout, en France et dans le monde. Elles n’ont pas de préjugé puisqu’elles ne vous voient pas. Qu’importe dans ces cas là, l’âge ou le physique ! Seul compte la magie des mots. Quelque fois, pour quelqu’un qui sort du lot, on donne un numéro de portable, et on a une voix au creux de l’oreille… D’autres fois, on va à leur rencontre.

Quelqu’un m’a dit un jour, que le net était un miroir aux alouettes.

C’est vrai !

Quand on est sincère, comme je l’ai été, le réveil est quelquefois brutal. Mais j’y ai appris tant de choses ! Il m’a enseigné à me découvrir, à savoir ce qui me manquait vraiment, sans hélas que je puisse trouver la solution, à savoir exprimer toutes ces pensées obscures qui envahissait mon esprit.

Je me suis investie totalement, sans réserve, sans garde-fou, et le temps a passé trop vite… C’est devenu une véritable drogue, dont j’ai du mal à me passer.

Au fil des mois, j’ai appris un vocabulaire, j’ai écouté la vie, j’ai écouté les gens vivre !

Et moi, qui avait jusqu’à présent la réputation d’être une femme réaliste avec les deux pieds sur terre, qui pensait avoir pas mal bourlingué, je m’aperçois que je ne sais rien.

Je ne suis qu’une « nunuche » tombée d’une autre planète ! J’ai traversé ma vie doucement sans rien faire d’extraordinaire, et quand je ne serai plus là, personne ne se souviendra de moi ! Pourtant là, je me souviens d’eux…

A chaque fois que j’ai eu des contacts intéressants, sur le net, ils ont été par deux, comme si mon ange gardien, veillait, à m’empêcher de faire un choix. Dans le fait que certains sont devenus de vrais amis, ce n’est pas grave, mais après quand j’ai fait l’expérience des salons obscurs, c’est devenu plus compliqué.

  Mais revenons au début de l histoire…                                                                 

Je ne veux pas donner de pseudos, pour ne mettre personne dans l’embarras, je donnerai donc des prénoms, les vrais...

Il a eu Bruno, et Alain…                                                                                              

  Bruno et moi avons fait nos premières armes ensemble. Nous avons découvert les sigles, les abréviations, tout ce petit monde d’internet qui était sensé nous simplifier la vie. Bruno était un incorrigible bavard, il meublait même les silences ! Il faisait des séances de spiritisme, avec succès, disait il ! Je me suis souvent moquée gentiment de lui… Il me racontait ses courses de patins à roulettes dans Le Havre, son amitié avec son amie Mary, ses démêlés avec son épouse… c’était un homme qui a vu son univers s’écrouler le jour où elle est partie, mais qui au fond, bien qu’étant toujours très amoureux, n’était pas pressé de la voir revenir ! Futilité…Elle est revenue, et tout est bien !

  Alain fut le deuxième de cette période. Nous avions du mal à nous joindre, car il était connecté de jour, et moi la nuit. Mais on y est arrivé. Nous avons beaucoup échangé ensemble, une grande amitié est née, et peut être encore plus, par intermittence…

Alain venait d’une île de soleil, où les habitants, fiers et hardis, parlent avec l’accent chantant… Une île où les hommes aiment les femmes et en ont le plus grand respect.

Il est arrivé gaillardement dans mon histoire et il en sera un des fils conducteurs…

  Pour beaucoup ici, je suis Fran, pour certains Fany ou Frane, même Francky, lui, disait Fanchon ou Fanch. Il y a eu des moments intenses, et une première rupture. Et j’ai eu mal, si mal…

 J’ai eu l’impression de n’être plus rien, après avoir été beaucoup. Je sombrais dans le néant, après avoir entrevu la lumière ! Il m’avait parlé de sa vie, de ses amis de la jet- set : Mais là je lui avais demandé de ne pas insister, n’étant pas du même milieu. Il me racontait sa fille et toute la fierté qu’il éprouvait pour elle, les fêtes sur l’île, les soirées endiablées avec ses copains ect…J’avais l’impression de vivre à travers lui, de participer. Il me téléphonait des heures, pour rien… pour des broutilles, n’importe quoi, le plaisir de s’entendre, de plaisanter, de rire, de chanter, d’échanger des idées, me faire entendre un nouveau groupe ou une vieillerie qui nous rappelait notre jeunesse respective. Une fois il m’a même téléphoner de 9 heures à 19 heures, quasiment non-stop !

 J’étais aux anges ! Moi, la délaissée, ce plaisir simple m’enchantait… Là j’ai eu sa première invitation : chez lui, sur son île, dans sa maison ! Avec description de ce qui pourrait être, mais je suis une femme pratique et je n’y ai pas cru ! Alors, il a du pensé que je ne lui racontais des bobards, et il a commencé à s’éloigner, prétextant qu’il devait s’occuper de ses bateaux, en prévision de la saison touristique. Je m’étais donnée à fond

dans ces dialogues, et un beau matin… plus rien ! Silence radio ! Le vide… L’absence…

                                                                           

Là j’ai eu mal… si mal… Je pleurais, je ne comprenais pas pourquoi… Première leçon de la vie de cette micro société qu’est le web .Comme un amant lassé, il m’a dit partir en déplacement un long week end, mais il n’est pas revenu… Pourtant je lui avais écris un poème pour chaque jour d’absence…

J’ai effacé son nom de ma liste de contacts, ça me faisait trop mal de le voir connecté sachant qu’il ne voulait plus me parler. Quelque temps après, j’ai essayé de provoquer une explication, et il a rit ! En vieux guerrier aguerri de tant de conquêtes, savoir qu’une pauvre cloche y avait cru, l’amusait.

A partir de ce jour, je me suis efforcée de l’éviter, et j’ai continué ma quête d’amis… Quand, au détour d’un salon, je le re croisais, je restais muette… C’est revenu doucement, mais c est une autre histoire…

   

Il  n’est pas facile de circuler sur le net, surtout quand on n est pas née comme moi, avec l’informatique au fond du berceau. A chaque fois que j’essayais de télécharger quelque chose, ça clochait et je bloquais le système. Je suis d’ailleurs sure qu’il lui en reste des séquelles à ce pauvre pc parce que de temps en temps il me dit « erreur fatale » ! Comme si j’étais capable de trouver ! Suis pas vétérinaire ! Pauvre bête ; il souffre tout seul…

 

   Je cherchais désespérément des amis… J’ai rencontré, au détour d’un salon, Angel ! Un véritable ange ! Sauf qu’il avait un accent épouvantable ! Mais pourquoi les anges n’auraient ils pas d’accent ? C’était un ex basketteur disait il, de l’équipe de Limoges… je n’ai jamais connu son prénom, pour moi, c’était Angel, et c’est tout ! Mais il était d’une patience angélique, et quand je m’énervais sur cette fichue machine, il m’appelait pour décomposer la marche à suivre, pas à pas …

 Je lui apprenais des mots d’argot, et je l’initiais à tous ces petits jeux de mots qui font le charme de la langue française. Car il était américain mon Angel, du moins d’origine…

   Un jour il m’a dit : « Tu sais, je suis black ! » Je lui ai répondu : «  Eh alors, où est le problème ? » Et nous sommes devenus les meilleurs amis du monde… pour un temps !

Il était sûrement très doué en informatique Angel, mais il a commis une erreur : il me promettait des tas de choses que je ne lui demandais pas, comme des disques, des jeux, mais il ne les a jamais envoyés ! Il avait même discuté avec Marc un jour, à qui il a fait les mêmes promesses ! Je ne supporte pas qu’on blesse un enfant, alors je me suis lassée de ces belles promesses et de ces rêves…

   Parallèlement, puisqu’ils sont toujours deux, j’ai croisé Kem, un autre américain, un vrai cette fois ! Il travaillait à Londres, il me parlait de sa vie loin de sa famille, de ses relations londoniennes,  de sa sœur qui vivait en France, à Lille, de son rêve de venir en Bretagne ! Je l’avais invité très officiellement, mais il n’est pas venu… Lui il était musulman ! Il me racontait ses déboires à l’aéroport d’Orly qui ne s’étaient résolu que quand il avait menacé de faire venir son ambassadeur à la rescousse ! Sommes-nous cons à ce point là, en France, pour que nos fonctionnaires pensent que tous les Américains sont blonds aux yeux bleus ? Au siècle de la mondialisation, il va p’te falloir se réveiller !

Et puis Kem est sorti de l’écran.

Il a cessé d’émettre un beau matin ! Nul doute qu’il soit rentré chez lui et qu’il se soit trouvé une gentille fiancée . 

Comme le temps passait, j’allais de l’un à l’autre, et toujours était présent le plaisir de la découverte ! C’était comme un grand puzzle étalé devant soi, et qu’on se mette a regarder les pièces sous toutes les coutures avant de trouver où les emboîter. Je ne faisais pas vraiment de tri, et je ne saurai pas expliquer pourquoi celui là plutôt qu’ un autre ! j’éliminais juste ceux qui me paraissaient vulgaires ! Non pas que ça me choquât, mais ça ne m’amusait pas non plus ! C’est à ce moment là que je croisais Gérard ! Pauvre Gégé ! Je l’ai vraiment fait marcher celui là ! J’étais d’abord sous un autre pseudonyme que celui sous lequel j’écris actuellement ! Nous avions eu une conversation des plus correctes… au début ! Quand cela a t il dégénéré ? Je ne saurai pas le dire. Toujours est il que je me suis trouvé confrontée à un rendez-vous que je n’étais pas prête à assumer, et j ai changé de pseudo… J’ai pris la fuite, comme une gamine effarouchée. Longtemps après, je l’ai recontacté sous un autre nom, et j’ai renoué le fil, en lui présentant des excuses… Mais si moi j’avais un peu évolué, si j’arrivais à m’assumer un peu mieux, lui n’avait guère changé. Il tenait à son rendez-vous, dans lequel je devais me rendre en jupette, hyper courte, et sans culotte ! Il me promettait un après midi d’amour à ne plus savoir où donner de la tête… Mais ma tête à moi, elle n’a jamais voulu quitter mes épaules, et Gégé m’attend encore !

   Et puis il y eut David ! C’était comme une onde de fraîcheur… Un gamin, qui aurait pu faire pâlir les titis de ma jeunesse, gouailleur, buveur, mais si adorable ! Il était de Bordeaux, David, pas encore tout à fait 18 ans, mais déjà tant à donner, tant à partager ! Nous avons cherché ensemble comment faire transiter des fichiers, il faisait des essais de vidéos qu’il m’envoyait… Il était un fils lointain, et j’étais un peu la maman qui lui manquait ! Il me racontait ses petits malheurs, me présentait son père, me parlait de ses copains, de ses vacances… Il me parlait de ses projets d’avenir, de son école, de sa classe où il n’y avait que deux garçons pour trente cinq filles … Et il en riait !

 Il était la joie de vivre cet enfant, et je crois bien, l’espace d’un instant l’avoir aimé comme le mien.

                                                                                                              


Il paraît que le facteur sonne toujours deux fois à la porte

 

Il paraît que le facteur sonne toujours deux fois à la porte ! Mais ça dépend des fois du facteur. Quelquefois, ces fonctionnaires ne sont pas si zélés, et je sais de quoi je parle, j’en ai épousé un !

   Mais, moi, je continuais à rencontrer mes fredaines par deux, ça finissait par devenir amusant, au point que lorsque je croisais quelqu’un qui m’intéressait, je me demandais qui serait l’autre…

    Cyrille voulait être mon amant ! Vous me direz, rien de neuf sous le soleil ! Mais j’avais encore tellement de mal à écrire certains mots, qu’envisager une rencontre avec un jeune mec de trente ans me paraissait aussi incongru que si on m’avait demandé de manger du poisson cru au petit déjeuner !

Pourtant je l’ai laissé me conter fleurette, comme on disait autrefois… Dans l’intimité de ma chambre, que je ne partage plus avec mon mari depuis de nombreuses années, je recevais un homme jeune et plein d’ardeur ! Je crois bien que la première fois où il a appelé, j’avais un peu trop bu. C’est sans doute pour ça que je me suis laissée aller à des confidences ! Et comme je ne suis pas prude, les fois suivantes, j’ai continué ! Je crois même lui avoir promis qu’il serai mon premier amant ! Promesse que je n’ai pas tenue, bien évidemment, mais c’est lui qui a abandonné la partie le premier !

   Et il y eut Eric ! Il venait du soleil, Eric, d’Aléria, pour être précise ! Il m’appelait mémé, du haut de ses vingt et quelques années, et un moment j’ai partagé ses heures de farniente au soleil, la chaleur et l’affection de sa maman, toute une galerie de photos dont je n’ai gardé que les paysages, la joie de courir sur la plage avec sa chienne…. Je lui avais dit que j’irai le voir pendant l’été… mais c’est un projet qui est tombé à l ‘eau, faute de moyen !

Et Alain recommençait à me parler… J’y allais doucement, à pas feutrés pour ne pas l’effaroucher ou le faire fuir de nouveau…

Certains diraient qu’une femme devrait avoir autre chose a faire dans une maison que de passer son temps sur le net … avec des hommes ! On croirait entendre ma belle-mère ! C’est vrai que je suis connectée souvent ou longtemps. Je n’ai jamais été une mère ménage, et c’est si amusant ! C’est vrai aussi que je suis connectée longtemps le soir et la nuit, mais au moins là, j’ai l’impression d’exister ! Quand on arrive à cinquante ans et que la vie de couple n’offre plus les distractions promises du mariage, faut bien se trouver un dérivatif ! Je ne me plains pas, j’ai sans doute la vie que je mérite, et je suis trop lâche pour en changer ! Et puisque AOL me permet de rêver à moindre frais, je veux en profiter jusqu’à la fin du contrat !

Entre avril et juillet, le hasard a mis les bouchées doubles, les contacts se sont chevauchés, allant et venant, au gré des connections.

     Christian habite Toulon et il cherche une fiancée ! Avis aux amateurs ! Un homme sérieux, pas tapageur, d’origine nantaise, où réside encore sa maman. Nous avons beaucoup parlé de littérature, je l’appelle «joli cœur » et lui «p’tite fleur fanée » Nous avons toujours plaisir à nous retrouver…

    Il y eut Serge dit Kam. Avec lui aussi, j’ai parlé littérature, mais sur un air moins innocent… psychologie aussi !

   Je me souviens de Blent (pas de son prénom). C’était un homme jeune, qui bien qu’ayant pas mal bourlingué, avait perdu cette fraîcheur d’esprit qui caractérise encore les jeunes de cet âge ! Il se comportait en enfant gâté ! Peut être pour rattraper cette enfance qu’il disait volée !  Nous avions discuté

 des heures au téléphone, et nous avons rompu à la suite d’une grave divergence d’idée sur l’avortement ! Il était tout d’une pièce Blent ! Son opinion ne pouvait être que la meilleure ! Du moins il en était sur !

  Il y a eu Stéphane le musicien, à qui j’écrivais des textes qui ne valaient sûrement  pas un clou puisqu’il ne s’en ai jamais servi !

  Il a eu Mary, l’amie de Bruno, mon premier compère. Je crois lui avoir soufflé des idées de révolte ! Mais elle, elle a eu le courage de les mettre en application.

Patrick est la première personne que j’ai véritablement rencontrée ! Pourquoi avons-nous sympathisé ? Je ne saurai pas l’expliquer. Il est de ces êtres d’exception qui se remarque sans le vouloir vraiment. Le courant est passé tout de suite !

Patrick organisait un stage international d’arts martiaux, dans sa région, la Corrèze. Il était hébergé dans les locaux d’un lycée, à côté de Tulle. Il y a eu des équipes d’un peu partout, de la Hollande au Maroc, Mais on déplora l’absence des équipes françaises, qui suivant les ordres de leur fédération, confondent fair- play et gros sous ! Mais même sans eux, la réunion a eu lieu !

  Le prétexte de cette rencontre, était que j’avais promis de les filmer ! Je m’y suis donc rendue, avec Marc, mon fils, pour découvrir un autre milieu…

Moi qui n’y connaissais rien, qui vivais à mille lieues du monde sportif, j’ai été accueillie par ces gens qui ne m’avaient jamais vue, comme si je les avais quitté la veille. Et Patrick et son épouse qui, hier encore, ne me connaissaient pas, étaient aux petits soins pour moi.

   Je reconnais que la partie film a été épique ! Je ne savais pas trop me servir du camescope emprunté, et j’ai déclenché un titre en faisant une fausse manœuvre ! Les manipulateurs de caméra comprendront ! Toujours est-il qu’en filmant de superbes karatékas marocains, il s’est affiché «oh le beau poupon ! »

Mais Patrick ne m’en a pas voulu, et nous en rions encore !

C’était un week-end de mai, il y a un an déjà….

 J’étais requinquée par cette escapade, c’était la première fois que j’osais …

Mais l’accueil avait été si chaleureux, qu’à nouveau je me suis mise à croire à la beauté du monde ! Et même encore maintenant, quand mon cœur saigne, je repense à l a douceur de cet accueil et je me sens mieux…

  Mais ma quête continue…

Alain me reparlait, et je me sentais a nouveau heureuse !

   Et Serge est entré dans le cercle ! Il est de l’Est, Serge, et ensemble nous avons réinventer le Jeu ! Pourtant, les débuts furent difficiles, je n’accrochais pas. Faut dire que c’est un homme autoritaire, habitué au commandement, et que si je sais pouvoir être douce, je déteste me faire marcher sur les pieds !

 Donc nos premiers dialogues ont commencé sous le signe des orages ! Je ne suis manifestement pas son genre de femme, d’ailleurs je ne l’en blâme pas ! Pourquoi le serai-je ? J’ai déjà expliqué que je n’avais pas un physique particulièrement attrayant !

Au début, nous nous sommes conduit comme deux adolescents, s’envoyant des mails, en vers, que lui, il les envoyait coder ! Je trouvais ça extrêmement romantique ! J’attendais ces messages avec impatience, et je sais que lui aussi… Quand l’euphorie fut un peu retombée, je lui inventais des scénarios plus romantiques qu’érotiques, mais quand même très suggestifs.

   Et puis un jour, il m’a signifié son désir d’arrêter mes délires littéraires, car disait-il, il n’arrivait plus à être maître de sa libido ! J’ai respecté sa décision, mais si nous continuons à avoir beaucoup de plaisir à dialoguer ensemble, rien n’est plus pareil. Un glas a sonné dans mon cœur, et quelque chose est mort !

 

 



Photo:SombreTenebreux

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