Suite de l'apprentissage

Nuages 9

 

 Je continuais à parler avec Serge, là c’était la plénitude de nos rapports, et Alain me reparlait, comme je l’ai dit ! Tout allait bien dans le meilleur des mondes ! Pourquoi ai-je chercher plus loin ? je ne saurai le dire, la quête de bonheur, c’est peut être beaucoup dire, mais il est vrai que trouver des amis me remplissait de bonheur, et de joie… C’est ainsi que Jean Louis est entré … doucement …

Il  était pilote, JL, mais d’un vieux coucou de collection ! Et si j’emploie l’imparfait c’est qu’au moment de notre rencontre, il perdait sa licence de pilote, à la suite d’un problème a un œil ! Et il perdait aussi sa société qui avait eu le malheur de travailler avec certaines autres sociétés d’aviation, que je ne nommerai pas mais qui ont coulé ! Et coulé, c’est un doux euphémisme ! Bref, notre rencontre, oui, oui, je l’ai rencontré, a eu lieu sous un ciel gris !

Mais il m’a larguée JL ! Il prétendait que j’étais une sorcière et que je lui portais malheur ! Il y croyait dur comme fer, et le comble c’est que je crois bien qu’il avait raison ! Non pas que je sois une sorcière, mais que je porte-malheur à ceux que je croise…

Et puis il y eut Dominique… D’ailleurs, il y a toujours Dominique ! Encore un îlien ! De cette île de beauté qui me donne des amis… Quand nous avons sympathisé, il voulait faire le tour du monde en bateau, avec un volier ! J’ai suivi pas à pas l’aménagement de ce voilier, de la cale jusqu’en haut  du mat, puis la rentrée des vivres en vue du voyage. J’ai suivi l’apprentissage de sa compagne de  voyage, qui est aussi son amie dans la vie ! Il me racontait aimer vivre dangereusement, et déjà je me faisais du soucis pour lui… Je lui ai fait promettre de prendre soin de lui ! Il m’a dit un jour en plaisantant : « je te le promets si tu arrête de fumer ! » Du premier août 2001, jour de son départ, j’ai cessé de fumer ! Et aucune étoile supplémentaire ne s’est allumé dans le ciel, à la mémoire d’un marin disparu, parce que Dominique a aussi partagé cette promesse, il est revenu… Tous les deux ont pris la gérance d’un hôtel en Allemagne, en attendant d’avoir assez d’agent pour repartir, et finir le rêve…

  Parallèlement, a tout ça, à force de tripoter ce malheureux pc, j’ai fini par comprendre comment aller dans les autres salons non traditionnels, ceux que je nomme les salons obscurs…

2eme partie : les salons obscurs 1

Victoire ! j’avais trouvé comment aller sur les salons d’abonnés ! Ce ne sont pas des salons privés… ça c’est encore autre chose ! Juste des salons crées par thème ! Faut dire que les thèmes qui reviennent le plus souvent tournent plus autour du sexe qu’autre chose ! Là j’ai atterrit dans des lieux soi-disant sm ! Mais j’y ai surtout trouvé des gens d’une très grande sensibilité ! Bien sur, ils osaient dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas, ce qui les différenciait du commun des mortels, mais ce n’était pas pour me déplaire : j’ai toujours eu la langue bien pendue !

Beaucoup de gens font l’amalgame avec des extrémistes du genre, et voient en eux le côté sordide ! Mais ce n’est pas du tout, le cuir et les chaînes ! Du moins pas en permanence… Y a bien quelques illuminés, mais ça, il n’ y a pas besoin d’aller dans ce genre de salon pour en trouver !

Non seulement j’y ai croisé des gens intéressants, hommes et femmes, mais surtout des gens tendres, sensibles, drôles…Et puis comme les salons sont plus petits on finit par se connaître vraiment, bien avant de se rencontrer ! Et quand l’un d’entre nous se sent mal, la solidarité joue… un appel téléphonique… un bavardage, un mot d’amitié… la chaîne ne se rompt pas !

Pour ma part, cette solidarité a joué plusieurs fois, et je l’ai exercée vers d’autres… Ils savent que je respecte la confidentialité… Je sais écouter… Qu’ils soient très jeunes ou de mon âge… Mais l’âge n’a que peu d’importance pour les dialogues, juste à peine pour situer l’interlocuteur car en théorie il n’y a aucun très jeunes dans ce genre de salon ! Et s’il y en a (si, si , on en trouve) je pense que c’est sous la responsabilité des parents !

Evidemment dans ces cas là, on fait plus attention à nos paroles ! J’ai croisé de très jeunes filles, bien plus impudiques que je ne le serai jamais ! De vraies putes en herbe ! Et ne me dites pas qu’il faille interdire ce genre d’endroit, ce serait trop simple ! Ce qui serait intelligent c’est que ce soit les parents qui contrôlent quelque peu leur gamin ! En édictant une interdiction on ne fait que déplacer le problème…

Ces gens là sont moins violents que le mari alcoolisé qui bat sa femme parce qu’il ne sait rien faire d’autre ! Eux ont un art de vivre, différent certes, mais fait d’acceptation réciproque, dans le plus grand respect de chaque partie …

Avant de comprendre ça, j’ai allègrement galéré… Il a fallu que j’admette que ça me tentait, que j’étais capable d’exprimer une certaine recherche, un certain vocabulaire, une certaine vérité.

Il a fallu que je fasse un pas vers la liberté….


Les SO 2

 

   Les salons obscurs 2
A cette étape de mon histoire, Je me dois d’être honnête envers moi-même comme envers ceux qui me lisent, et c’est très difficile.

Imaginez la pauvre cloche que je suis, naviguant sur Internet à la recherche d’un bonheur éphémère ! De quoi rire ! D’un côté je me sentais à l’abri derrière mon écran et de l’autre j’avais envie de tenter des expériences. Jusqu’à présent j’avais enfoui au fond de ma mémoire toutes ces envies qui me semblaient hors nature, je pensais être la seule à les avoir, et être anormale. Soudain, je découvrais que d’autres avaient les mêmes goûts ! Sans vouloir offenser personne, je pense que le pauvre pèlerin qui un jour a vu la mer s’ouvrir, a dû avoir une pensée qui se rapprochait de la mienne !

Alain ne cessait de me dire qu’il fallait que je me réveille, que je ne pouvais pas vivre continuellement dans l’abstinence, et d’un autre côté j’étais désespérément seule, sexuellement parlant…

Partant de ces considérations, je me suis dit que tant qu’à prendre un amant, autant vivre jusqu’au bout un fantasme, avant qu’il ne soit vraiment trop tard…

Il devenait de plus en plus hardi, Alain, mais il était loin. Je sentais confusément que ça ne me suffisait plus .

C’est comme ça qu’Yves est entré dans ma vie. Nous avons beaucoup parlé… Nous avons beaucoup communique, par Internet, bien sur, mais aussi par téléphone.

Une nuit, il m’a dit je suis dans ton bled, viens me rejoindre… Une folie… Que j’ai faite !

Je me suis rendu à son rendez-vous, comme une collégienne ravie de faire le mur de son pensionnat, en prenant soin de ne pas fermer la porte !Mais le retour a été cocasse !

Marc (mon fils) voyant la porte non fermée a clef a pensé à un oubli, et a donné un tour de clef en laissant la clef dans la serrure… Et j’ai été obligée de lancer des petits cailloux dans sa fenêtre pour qu’il vienne m’ouvrir ! Puis de sonner…

Non, je vous l’assure, le ridicule ne tue pas ! Et le mari ne s’est même pas réveillé !

Et faut croire que ça ne m’a pas découragée car j’ai récidivé trois jours plus tard…

Mais là, il m’avait donné rendez-vous dans un hôtel près du Mans ! Quand j’y repense, je suis vraiment une gourde ! J’y suis allée le cœur léger, ravie de tenter une découverte, et qu’ai-je fait ? Une nuit perdue ! Oui perdue ! D’abord j’ai dû payer l’hôtel, l’invitation au voyage n’allait pas jusqu’au séjour !

Ensuite, tout en me découvrant des talents cachés, j’étais prête à me laisser aller au jeu, mais monsieur s’est endormi ! Il m’a quittée au petit matin, sans un regard, sans une excuse, sans un mot gentil !

Je vous laisse imaginer ma rage ! J’étais furieuse….

Les Salons Obscurs 3

Et comme les conneries je les fais par deux, la deuxième a été pire !

Le temps passait doucement, les vacances arrivaient… Je continuais mes explorations netteuses, avec plus ou moins de succès. Titou était enseignant, je ne me souviens pas de son prénom. En fait, il n’y connaissait pas grand chose, mais il avait le courage de l’avouer !  Nous avons juste dialogué ensemble, en échangeant nos points de vue.

Alain était parti promener ses touristes, Serge était en ballade, avec sa famille, la vie normale quoi ! J’étais là devant cet écran comme devant une page blanche, attendant qu’une bonne âme vienne me faire la causette !

C’est comme ça qu’Yves a réapparu. Je n’avais pas vraiment envie de renouer, mais des jours avaient passé, et je ne suis pas rancunière.

-« J’ai une amie, me dit-il, qui a de sérieux problèmes avec un type, est-ce que tu peux l’aider ? » Qu’aurais-je bien pu faire ? Je ne le connaissais pas ce type, il ne m’avait jamais parlé ! Encore maintenant, je me demande par quel tour de magie, je me suis flanquée dans ce patacaisse ! En plus Titou, que j’avais toujours en contact, me confirmait que c’était un salaud qui voulait des femmes pour les mettre sur le trottoirs ! Mon sang n’a fait qu’un tour, et je décidais de lui faire une rosserie à cet oiseau !

Me voici donc, avec un look d’enfer, un métier artistique, une indépendance à toute épreuve, et surtout vingt ans de moins !

Le contact a été assez rude, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il était sceptique, méfiant, et pas facile à aborder ! Il est bien connu que se sont les hommes qui aiment la chasse, et qu’une nana prenne l’initiative, n’est pas franchement dans les normes…surtout dans ce milieu !

Ca a duré quinze jours… il m’appelait tous les jours, à n’importe quel moment…beaucoup la nuit, et des fois j’avais du mal à justifier ma non présence… Mais au fur et à mesure que le temps passait, je me suis rendu compte que je m’était faite piégée par mes deux petits camarades ! Je ne sais pas quel contentieux ils avaient avec ce gars-là, mais je me retrouvais bel et bien au milieu !

Il voulait me rencontrer, très vite, et j’avais toujours de bonnes excuses, prétextant un voyage d’affaires à Londres ou un déplacement en province. Mon histoire tenait la route, je suis une excellente comédienne. Mais,  plus le temps passait, et moins je me sentais fière de ce que je faisais. Jusqu’à une ultime conversation où il m’a dit qu’il voulait annuler des rendez-vous professionnels, pour me voir ! Là mon esprit a dit stop…Une plaisanterie , même mauvaise d’accord, mais le boulot c’est sacré ! Ce dernier soir, je l’ai appelé pour lui dire la vérité !

Je vous laisse imaginer son état d’esprit, je sentais qu’il avait fini par le croire, et je l’ai blessé, dans son orgueil de macho !

Mais il m’a menacé de porter plainte pour atteinte à sa vie privée, et j’étais si déstabilisée que je l’ai cru ! Il peut se vanter de m’avoir flanqué une frousse du Diable …

Je l’ai re croisé depuis et je sais qu’il m’a pardonné…

 



Photo:SombreTenebreux

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