Je continuais à parler avec Serge, là c’était
la plénitude de nos rapports, et Alain me reparlait, comme je l’ai dit !
Tout allait bien dans le meilleur des mondes ! Pourquoi ai-je chercher
plus loin ? je ne saurai le dire, la quête de bonheur, c’est peut être
beaucoup dire, mais il est vrai que trouver des amis me remplissait de bonheur,
et de joie… C’est ainsi que Jean Louis est entré … doucement …
Ilétait pilote, JL, mais d’un vieux coucou de
collection ! Et si j’emploie l’imparfait c’est qu’au moment de notre
rencontre, il perdait sa licence de pilote, à la suite d’un problème a un
œil ! Et il perdait aussi sa société qui avait eu le malheur de travailler
avec certaines autres sociétés d’aviation, que je ne nommerai pas mais qui ont
coulé ! Et coulé, c’est un doux euphémisme ! Bref, notre rencontre,
oui, oui, je l’ai rencontré, a eu lieu sous un ciel gris !
Mais il m’a
larguée JL ! Il prétendait que j’étais une sorcière et que je lui portais
malheur ! Il y croyait dur comme fer, et le comble c’est que je crois bien
qu’il avait raison ! Non pas que je sois une sorcière, mais que je
porte-malheur à ceux que je croise…
Et puis il y
eut Dominique… D’ailleurs, il y a toujours Dominique ! Encore un
îlien ! De cette île de beauté qui me donne des amis… Quand nous avons
sympathisé, il voulait faire le tour du monde en bateau, avec un volier !
J’ai suivi pas à pas l’aménagement de ce voilier, de la cale jusqu’en hautdu mat, puis la rentrée des vivres en vue du
voyage. J’ai suivi l’apprentissage de sa compagne devoyage, qui est aussi son amie dans la vie ! Il me racontait
aimer vivre dangereusement, et déjà je me faisais du soucis pour lui… Je lui ai
fait promettre de prendre soin de lui ! Il m’a dit un jour en
plaisantant : « je te le promets si tu arrête de fumer ! »
Du premier août 2001, jour de son départ, j’ai cessé de fumer ! Et aucune
étoile supplémentaire ne s’est allumé dans le ciel, à la mémoire d’un marin
disparu, parce que Dominique a aussi partagé cette promesse, il est revenu… Tous
les deux ont pris la gérance d’un hôtel en Allemagne, en attendant d’avoir
assez d’agent pour repartir, et finir le rêve…
Parallèlement, a tout ça, à force de
tripoter ce malheureux pc, j’ai fini par comprendre comment aller dans les
autres salons non traditionnels, ceux que je nomme les salons obscurs…
2eme partie : les salons obscurs 1
Victoire !
j’avais trouvé comment aller sur les salons d’abonnés ! Ce ne sont pas des
salons privés… ça c’est encore autre chose ! Juste des salons crées par
thème ! Faut dire que les thèmes qui reviennent le plus souvent tournent
plus autour du sexe qu’autre chose ! Là j’ai atterrit dans des lieux
soi-disant sm ! Mais j’y ai surtout trouvé des gens d’une très grande
sensibilité ! Bien sur, ils osaient dire tout haut ce que beaucoup
pensaient tout bas, ce qui les différenciait du commun des mortels, mais ce
n’était pas pour me déplaire : j’ai toujours eu la langue bien
pendue !
Beaucoup de
gens font l’amalgame avec des extrémistes du genre, et voient en eux le côté
sordide ! Mais ce n’est pas du tout, le cuir et les chaînes ! Du
moins pas en permanence… Y a bien quelques illuminés, mais ça, il n’ y a pas
besoin d’aller dans ce genre de salon pour en trouver !
Non seulement
j’y ai croisé des gens intéressants, hommes et femmes, mais surtout des gens
tendres, sensibles, drôles…Et puis comme les salons sont plus petits on finit
par se connaître vraiment, bien avant de se rencontrer ! Et quand l’un
d’entre nous se sent mal, la solidarité joue… un appel téléphonique… un
bavardage, un mot d’amitié… la chaîne ne se rompt pas !
Pour ma part,
cette solidarité a joué plusieurs fois, et je l’ai exercée vers d’autres… Ils
savent que je respecte la confidentialité… Je sais écouter… Qu’ils soient très
jeunes ou de mon âge… Mais l’âge n’a que peu d’importance pour les dialogues,
juste à peine pour situer l’interlocuteur car en théorie il n’y a aucun très
jeunes dans ce genre de salon ! Et s’il y en a (si, si , on en trouve) je
pense que c’est sous la responsabilité des parents !
Evidemment dans
ces cas là, on fait plus attention à nos paroles ! J’ai croisé de très
jeunes filles, bien plus impudiques que je ne le serai jamais ! De vraies
putes en herbe ! Et ne me dites pas qu’il faille interdire ce genre
d’endroit, ce serait trop simple ! Ce qui serait intelligent c’est que ce
soit les parents qui contrôlent quelque peu leur gamin ! En édictant une
interdiction on ne fait que déplacer le problème…
Ces gens là sont moins violents que le mari
alcoolisé qui bat sa femme parce qu’il ne sait rien faire d’autre ! Eux
ont un art de vivre, différent certes, mais fait d’acceptation réciproque, dans
le plus grand respect de chaque partie …
Avant de
comprendre ça, j’ai allègrement galéré… Il a fallu que j’admette que ça me
tentait, que j’étais capable d’exprimer une certaine recherche, un certain vocabulaire,
une certaine vérité.
Il a fallu que
je fasse un pas vers la liberté….
Les SO 2
Les salons obscurs 2
A cette étape de mon histoire, Je me dois
d’être honnête envers moi-même comme envers ceux qui me lisent, et c’est très
difficile.
Imaginez la
pauvre cloche que je suis, naviguant sur Internet à la recherche d’un bonheur
éphémère ! De quoi rire ! D’un côté je me sentais à l’abri derrière
mon écran et de l’autre j’avais envie de tenter des expériences. Jusqu’à
présent j’avais enfoui au fond de ma mémoire toutes ces envies qui me
semblaient hors nature, je pensais être la seule à les avoir, et être anormale.
Soudain, je découvrais que d’autres avaient les mêmes goûts ! Sans vouloir
offenser personne, je pense que le pauvre pèlerin qui un jour a vu la mer
s’ouvrir, a dû avoir une pensée qui se rapprochait de la mienne !
Alain ne
cessait de me dire qu’il fallait que je me réveille, que je ne pouvais pas
vivre continuellement dans l’abstinence, et d’un autre côté j’étais
désespérément seule, sexuellement parlant…
Partant de ces
considérations, je me suis dit que tant qu’à prendre un amant, autant vivre
jusqu’au bout un fantasme, avant qu’il ne soit vraiment trop tard…
Il devenait de
plus en plus hardi, Alain, mais il était loin. Je sentais confusément que ça ne
me suffisait plus .
C’est comme ça
qu’Yves est entré dans ma vie. Nous avons beaucoup parlé… Nous avons beaucoup
communique, par Internet, bien sur, mais aussi par téléphone.
Une nuit, il
m’a dit je suis dans ton bled, viens me rejoindre… Une folie… Que j’ai
faite !
Je me suis
rendu à son rendez-vous, comme une collégienne ravie de faire le mur de son pensionnat,
en prenant soin de ne pas fermer la porte !Mais le retour a été
cocasse !
Marc (mon fils)
voyant la porte non fermée a clef a pensé à un oubli, et a donné un tour de
clef en laissant la clef dans la serrure… Et j’ai été obligée de lancer des petits
cailloux dans sa fenêtre pour qu’il vienne m’ouvrir ! Puis de sonner…
Non, je vous
l’assure, le ridicule ne tue pas ! Et le mari ne s’est même pas
réveillé !
Et faut croire
que ça ne m’a pas découragée car j’ai récidivé trois jours plus tard…
Mais là, il
m’avait donné rendez-vous dans un hôtel près du Mans ! Quand j’y repense,
je suis vraiment une gourde ! J’y suis allée le cœur léger, ravie de
tenter une découverte, et qu’ai-je fait ? Une nuit perdue ! Oui
perdue ! D’abord j’ai dû payer l’hôtel, l’invitation au voyage n’allait
pas jusqu’au séjour !
Ensuite, tout
en me découvrant des talents cachés, j’étais prête à me laisser aller au jeu,
mais monsieur s’est endormi ! Il m’a quittée au petit matin, sans un
regard, sans une excuse, sans un mot gentil !
Je vous laisse
imaginer ma rage ! J’étais furieuse….
Les Salons Obscurs 3
Et comme les
conneries je les fais par deux, la deuxième a été pire !
Le temps
passait doucement, les vacances arrivaient… Je continuais mes explorations
netteuses, avec plus ou moins de succès. Titou était enseignant, je ne me
souviens pas de son prénom. En fait, il n’y connaissait pas grand chose, mais
il avait le courage de l’avouer !Nous avons juste dialogué ensemble, en échangeant nos points de vue.
Alain était
parti promener ses touristes, Serge était en ballade, avec sa famille, la vie normale
quoi ! J’étais là devant cet écran comme devant une page blanche,
attendant qu’une bonne âme vienne me faire la causette !
C’est comme ça
qu’Yves a réapparu. Je n’avais pas vraiment envie de renouer, mais des jours
avaient passé, et je ne suis pas rancunière.
-« J’ai
une amie, me dit-il, qui a de sérieux problèmes avec un type, est-ce que tu
peux l’aider ? » Qu’aurais-je bien pu faire ? Je ne le
connaissais pas ce type, il ne m’avait jamais parlé ! Encore maintenant,
je me demande par quel tour de magie, je me suis flanquée dans ce
patacaisse ! En plus Titou, que j’avais toujours en contact, me confirmait
que c’était un salaud qui voulait des femmes pour les mettre sur le
trottoirs ! Mon sang n’a fait qu’un tour, et je décidais de lui faire une
rosserie à cet oiseau !
Me voici donc,
avec un look d’enfer, un métier artistique, une indépendance à toute épreuve,
et surtout vingt ans de moins !
Le contact a
été assez rude, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il était sceptique,
méfiant, et pas facile à aborder ! Il est bien connu que se sont les
hommes qui aiment la chasse, et qu’une nana prenne l’initiative, n’est pas
franchement dans les normes…surtout dans ce milieu !
Ca a duré
quinze jours… il m’appelait tous les jours, à n’importe quel moment…beaucoup la
nuit, et des fois j’avais du mal à justifier ma non présence… Mais au fur et à
mesure que le temps passait, je me suis rendu compte que je m’était faite
piégée par mes deux petits camarades ! Je ne sais pas quel contentieux ils
avaient avec ce gars-là, mais je me retrouvais bel et bien au milieu !
Il voulait me
rencontrer, très vite, et j’avais toujours de bonnes excuses, prétextant un
voyage d’affaires à Londres ou un déplacement en province. Mon histoire tenait
la route, je suis une excellente comédienne. Mais,plus le temps passait, et moins je me
sentais fière de ce que je faisais. Jusqu’à une ultime conversation où il m’a
dit qu’il voulait annuler des rendez-vous professionnels, pour me voir !
Là mon esprit a dit stop…Une plaisanterie , même mauvaise d’accord, mais le
boulot c’est sacré ! Ce dernier soir, je l’ai appelé pour lui dire la
vérité !
Je vous laisse
imaginer son état d’esprit, je sentais qu’il avait fini par le croire, et je
l’ai blessé, dans son orgueil de macho !
Mais il m’a
menacé de porter plainte pour atteinte à sa vie privée, et j’étais si
déstabilisée que je l’ai cru ! Il peut se vanter de m’avoir flanqué une
frousse du Diable …
Je l’ai re
croisé depuis et je sais qu’il m’a pardonné…