Les SO 4

 

Les Salons Obscurs 4

 

J’ai croisé plein de gens pendant ces vacances 2001… des hommes, bien sur, mais aussi des femmes, en plus grand nombre que dans les salons traditionnels… Non pas qu’il y en eu plus, mais je discutais plus facilement avec elles ! Car, quoiqu’on dise, les femmes recherchent la compagnie des hommes, et à quelques exceptions près, pas celle des femmes ! Dans les salons dit conventionnels, je n’avais que peu de contacts féminins !

Serge était rentré de vacances et Alain lui devait être en perdition quelque part dans sa marée de touristes ! Dominique venait de partir pour son tour du monde. J’étais toujours aussi seule, et le manque de tabac dû à la promesse, commençait a faire de l’effet !

  Jacques est entré doucement dans ma vie ! Un Maître, pur et dur, sans concession, mais il sentait, je crois que mon esprit n’était pas suffisamment évolué pour ce milieu, et il y est allé doucement. Il m’a fait entrevoir le pire des scénarios, mais il riait… Il me testait, je crois… Je voulais juste une expérience, lui cherchait une vraie relation ! Nous avons dialogué longtemps, il me téléphonait souvent, mais je prenais ça comme un jeu, et je crois bien que lui aussi ! Nous nous sommes rencontrer un jour, dans une gare à Paris. Avez vous déjà essayé de rencontrer quelqu’un que vous n’avez jamais vu dans un hall de gare ? Je crois qu’on peut bénir l’inventeur du portable ! En tout cas ce soir là, il s’est contenter de me servir de taxi ! J’étais attendue en banlieue, et moi pauvre pomme campagnarde et tristement sous évoluée, je n’avais pas pigé qu’il eût pu avoir d’autre projet pour nous, ce soir là ! Mais j’ai quand même dû lui rendre un sacré service vu que je n’étais pas du tout son genre !

Et je n’ai jamais vu quelqu’un conduire aussi vite dans Paris tout en téléphonant ! 

  Il ne me considère pas comme une amie, seulement une relation, dit-il, mais je me sens très honorée d’avoir cet homme-là dans mes relations ! C’est sûrement une des rares personnes sur le Web en qui j’ai entièrement confiance !

Jacques m’a fait connaître Nicole… Une gentille femme complètement paumée ! Elle qui n’avait vécu toute sa vie que dans la violence des enfants et des femmes battus, elle était persuadée que seul ce genre de vie lui convenait ! Encore une qui n’avait rien compris au film ! Elle s’accrochait désespérément à la première branche passant à sa portée. Tous nos efforts de dialogues ne servaient a rien, elle ne démordait pas de son idée fixe. Puis après moult déboires elle a fini par se retirer du Jeu …

 

Les Salons Obscurs 5

 

Après la rencontre de Jacques, je sentais que je rentrais dans la classe supérieure. Comme par miracle je devenais membre à part entière de cette communauté, et je crois qu’ils m’aimaient à leur façon. Il m’appelait mamie puisque je revendiquais l’être. Ils venaient me raconter leurs malheurs ou leurs petits secrets. Toutes ces mille et une choses, qui leur semblaient si importantes. Bruno m’appelait SMET:  super mamie du net, disait-il.

A cette période là j’ai croisé beaucoup de gens dont j’ai oublié les prénoms ou bien je ne les ai jamais sus. D’autres, à qui j’ai écris un poème, mais je ne me souviens même plus des dialogues ou si peu…

Il y eut Jean-Marie d’on ne sait où : lui a eu droit à un poème. Je me répète peut-être, mais pour chaque personne qui a laissé une empreinte correspond un poème…Il y a eu François,un érudit qui a toujours toutes les réponses,  Alain qui ne correspondait pas du tout à ma recherche, Fred très vieille France, Joé l’américain qui lui prenait des rendez-vous de six mois en six mois pour s’offrir une aventure française.

Il y a eu Florent que j’avais contacté sous un autre look, et que j’ai rappelé le lendemain pour présenter mes excuses…. Je l’ai toujours en contact, celui-ci !

Il y a eu Adèle qui partageait avec moi le plaisir de se moquer gentiment de Jacques ! Tout en restant une amie elle a quitté le grand Jeu pour vivre un grand amour. Sois heureuse ma belle ! Il y a eu Pascal l’ami gitan, dont la sensibilité est si à fleur de peau, qu’il est difficile à apprivoiser, mais je suis fière qu’il ait accepté mon amitié. Il y a Bruno, très fleur bleue, bien qu’il s’en défende, que j’appelle Monseigneur, quelque soit le pseudonyme sous lequel je me déguise, pour qu’il ne perde pas son temps à me draguer. Il y a eu Didier, l’écrivain, dont je ne suis pas vraiment sure des intentions. Et  Mickaël, qui plantait des roses dans son jardin et qui a  mis un rosier blanc en mon honneur …

Et puis, Il y a eu Gyl…

 


Les SO 6

Les SO 6

Finalement c’est une quête sans fin… Si ! Elle a finit ce samedi là sur la route de Vannes. Mais je n’en suis pas encore rendue là, et pardon si je vous ennuie…

Gilles, c’est un autre style ! Il voulait une esclave, et je refuse énergiquement jusqu'à la racine de ce nom ! Pour moi, ça restait une expérience recherchée, une sorte de jeu érotique, mais je devais rester maîtresse de ma propre volonté ! Etre esclave signifiait dans mon esprit, l’abandon de cette volonté, de ce libre arbitre. La soumise choisit son maître, l’esclave n’a pas ce choix ! Un maître m’a dit un jour : «  n’oublions jamais que s’il n’y avait pas de soumises, il n’y aurait pas non plus de Maîtres » Jolie vérité : S’il n’y avait pas les femmes que feriez vous messieurs ?

Pourquoi ai-je accepté de continuer avec lui malgré tout ? Je ne saurai pas l’expliquer… Parce qu’il était gentil, tendre… Parce que je sentais confusément qu’il tenait à moi, qu’il me voyait comme une lumière dans sa nuit ! Peut-être ai-je eu l’espoir un moment que je pouvais le ramener à mon niveau !

Il me téléphonait tous les matins que Dieu fait, entre 7h et 7h30, et j’étais sûrement son premier sourire ! Je crois que ma gaieté naturelle l’encourageait à aller de l’avant, à faire un pas de plus vers son avenir… Pardonnez-moi Monsieur, si je suis prétentieuse !

Je ne saurais expliquer non plus, quel malentendu nous a séparé ! Toujours est-il qu’au bout de quatre mois de dialogues assidus, à quatre jours de la rencontre, il a cessé d’appeler !

Croyant à un problème grave, je me suis risquée à un appel et j’ai eu comme réponse : « J’ai des choses plus importantes à penser, que de m’occuper de toi ! »

Ah ! Monsieur ! Je vous ai pardonné depuis…. Mais que ce fut dur à entendre !

 

Les Salons Obscurs 7

 

La fin des vacances coïncide avec une période très active. Je n’avais pas le temps de m’ennuyer ! Alain était revenu, plus tendre que jamais, Serge était adorable, Dominique m’envoyait des cartes postales de ses escales, Gilles téléphonait… Tout le monde me parlait, et je parlais à beaucoup de gens …

J’ai dit précédemment que les salons d’abonnés étaient par thème, mais en plus ils ont des noms particuliers : le salon du Marquis ou le salon du griffon. On était entre habitués, entre gens qui s’appréciaient.

C’est chez Marquis, que j’ai rencontré Rick ! J’avais mis un texte ou deux sur le site de Bruno,(monseigneur), et il voulait que j’en mette sur le sien ! Pourquoi m’a-t-il attiré ? Pourquoi lui et pas un autre ? Comment expliquer ? Je ne sais pas… Peut-être parce qu’il m’avait promis de m’aider à créer mon propre site… Je lui envoyais des poèmes, ceux pour lui, et d’autres… Régis m’avait fait une très jolie photo pour l’illustrer, celle qui est sur le site de JJ d’ailleurs.

Et puis un jour, boum ! Il m’appelle pour me dire qu’il laisse tout tomber, qu’il en a marre, qu’il ne veut plus rien faire, et donc qu’il ne fera pas mon site non plus ! J’étais déçue, bien sur mais surtout, mal à l’aise, je sentais qu’il était bon pour faire une connerie… J’ai longtemps bavarder avec lui, mais je me sentais impuissante, parce que trop loin… Nul doute que s’il avait été plus près j’aurai pris ma voiture pour aller lui botter les fesses et lui remettre les idées en place ! Mais là, je me sentais nulle… quand il s’est déconnecté je suis entré dans le premier salon, pour demander si quelqu’un connaissait son numéro de téléphone, et devant la négative, j’ai dû me résoudre à abandonner !

Les jours passaient… Je voyais son nom s’allumer dans ma liste. Oh il est là, me disais-je, donc tout va bien !

Vers fin décembre, sa compagne m’a contactée. Croyant que c’était Rick je lui dis : «  Tiens t’es pas mort, tu te souviens de moi ? »

-« C’est Sylvie, me dit-elle, Rick est dans le comas depuis 3 semaines ! Il a eu un accident de moto, il a 103 fractures aux jambes et au bras, et on n’est pas sûr de le sauver ! »

 

Bénit soit cet écran qui me protégeât ! Ce soir-là, ma peine était immense… Je ressentais comme un échec cuisant de n’avoir pas pu l’aider au bon moment ! Il n’y avait aucun doute dans ma tête, je sentais que ce n’était pas vraiment un accident, mais je me suis bien gardé de le lui dire. L’heure était aux messages d’espoir, elle en avait besoin ! Au matin de Noël, Rick reprenait conscience, et nous gardions l’espoir, tout en sachant que s’il vivait, il ne remarcherait plus…

Il s’est éteint le soir du premier janvier à 23h58.

Adieu mon ami…

 

Les Salons Obscurs 8 

 

 

Cette fin d’année fut très riche de contacts, et je vous demande d’être indulgent. Je ne respecte pas l’ordre chronologique.

                Alain m’avait invité pour la deuxième fois, pour un week-end, en Ardèche et j’avais encore refusé ! Cette fois-ci, parce que, financièrement, je ne pouvais pas aller si loin, à mon plus grand regret.

Je crois que cette fois, il a eu du mal à digérer ma défection, mais le Dieu   Fric ne nous laisse pas toujours faire ce qu’on veut.

C’est à cette période que Serge décidait de prendre du recul…

Vers mi-décembre Alain m’invita une ultime fois : Il souhaitait que je l’accompagne, pour aller fêter le nouvel an dans une île paradisiaque ! Le sort s’acharnait ! Je ne pouvais pas accepter ! Et le pire c’est que quand j’ai dit ça à mes enfants, ils m’ont traitée de triple buse parce que j’avais refusé ! Euh… Ils n’ont pas employé ce terme, quand même !

Et pour couronner le tout Rick se mourait sur un lit d’hôpital, quelque part dans le sud de la France, pour avoir, avec sa moto, raté un virage, à une vitesse excessive…

Je devenais dépressive… Un rien me faisait pleurer…un rien me faisait souffrir…

  Dans cet état d’esprit, je continuais à fréquenter les salons habituels. Quand j’ai appris l’accident, j’étais dans un de ces salons, celui du griffon, je crois.

Mais je ne participais pas et après leur avoir dit pourquoi je restais muette, il s’est avéré que beaucoup de gens le connaissaient, l’avaient même rencontré.

Autrefois on tuait le messager porteur de mauvaises nouvelles, là j’ai servi de relais pour qu’ils puissent exprimer à Sylvie, leur sympathie.

J’étais connectée souvent, et souvent tard dans la nuit… C’est comme ça que j’ai connu Patrick (un autre) que j’appellerai Griff, je sais qu’il ne m’en voudra pas. Il était insomniaque, comme moi, et restait connecté jusqu’à 3 ou 4 heures du matin.

Je capitulais bien avant !

Que dire de Griff ? J’avais l’impression de retrouvé mon frère depuis longtemps disparu. Nous avions décidé dès le début que nous n’aurions pas des relations de maître à soumise, j’avais refusé, mais nous nous sommes découverts tellement de points communs, à commencer par ce goût prononcé pour les mots.

Je pouvais discuter de tout et de rien avec Griff, de poèmes, de musique, de soumission, de sexe, de relations homme-femme, de toutes les choses de la vie, de cette vie où je n’étais encore qu’une débutante. Il était patient Griff, et je crois bien que je l’aimais …

 



Photo:SombreTenebreux

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