Le jour des noces le petit chien de la ferme voulait toujours suivre le jeune
couple comme pendant les fiancailles, et le temps des langoureuses promenades
il ne les a pas quitté de la noce, pendant le repas restant à leurs pieds, et
quand ils partirent se coucher il voulait encore les suivre. La première
nuit fut décevante, les deux étant novices, et il ne se passa rien. Le
lendemain, retour de noce, et le soir quand elle parti maman laissa sa mère, en
larme....
Papa déclara en souriant à maman que quand il était plus jeune il s'était fait
réprimander par son père avec des copains, et lui avoua que si son père était
encore de ce monde jamais il n'aurait osé la demander en mariage..
Le frère de maman furieux un temps se décida à se marier, il eut lui aussi un
fils de l'âge de ma soeur aînée, une fille de l'âge de mon autre soeur, et un
fils un an plus âgé que moi, qui sont donc mes seuls vrais cousins.
La grand-mère habitait chez son fils à la ferme mais venait tous les jours à la
boutique qui était distante d'à peu près un kilomètre. Elle était veuve et le
père de papa veuf, il aurait aimé se remarier mais elle refusa.L'usine de cidre
avait fermé ses portes, la ferme redevenait ferme et la vie reprenait ses marques
.....
Le grand père ne voulant pas être importun se décida à acheter une maison,
comme il n'avait pas beaucoup d'argent il opta pour une maison pas très chère,
pas très loin, juste à l'autre bout de la rue, la vente se faisant "à la
chandelle" ainsi, le prix était moins important il fallait juste donner sa
mise le plus près possible du moment ou la bougie s'éteindrait, c'était un coup
de chance. La maison était un ancien octroi de Vitré, une de ces maisons où
l'on devait aller payer l'impôt pour entrer dans la ville, donc une maison
ancienne avec des fenêtres donnant sur toutes les rues d'entrée dans la ville
...
Maman tout heureuse, adulée par sa mère et son mari, se jeta sur les bonbons et
les fruits qu'elle pouvait manger à volonté, papa souriait il savait qu'elle se
lasserait rapidement, ce qui fut bien sur le cas..Ils apprirent ainsi la vie et
la sexualité tous les deux gentiment, après les difficultés des débuts, tout
devenait plus facile et agréable.
Dix huit mois après le mariage naquit ma soeur aînée, papa tout content se
rendit la déclarer en mairie, non sans auparavant fêter sa bonne fortune avec
des copains en cours de route il faut dire qu'il y avait un bistrot toutes les
trois maisons, et il était difficile de faire deux pas sans rencontrer de
connaissance, si bien qu'arrivé à la mairie il ne se rappelait plus quel prénom
il fallait donner au bébé, maman lui avait dit Marie-Christine quand il revint
elle apprit que sa fille s'appellerait Christiane, mais elle ne lui en voulut
pas, c'était plutôt drôle et sans préjudice. Le bébé était magnifique, la maman
et la grand-mère, ravies et le papa aussi !...
Maman était contente mais n'était pas pressée d'avoir d'autres enfants, pour ne
pas en avoir trop vite, papa pratiquait le retrait, ce n'était pas le top mais
ils avaient pas trop de choix et c'est celui-ci qu'ils avaient pris. Malgré
tout, en refaisant l'amour une deuxième fois à suivre, ce qui devait arriver
arriva, elle retomba enceinte, et Roselyne naquit dix huit mois après sa grande
soeur. C'était un bébé tout joli aussi, mais plus chétif, le cordon autour du
cou à la naissance, toute bleue, elle avait failli ne pas vivre longtemps, mais
enfin la vie était là.
Papa en tant que commerçant toujours présent était souvent demandé par le curé
pour servir de parrain aux bébés mort-nés ou peu de temps après la naissance
car c'est ainsi que faisaient les gens pour que leur bébé soit baptisé quand
même, j'ai toujours trouvé cette attention étonnante et plutôt jolie en pensant
à ces bébés morts qui avaient quand même un parrain...
La vie devait être assez douce, la grand-mère venait, elle s'occupait des menus
travaux ménagers briquait ses vieilles armoires tous les samedis repassait et
reprisait, et maman s'occupait du magasin, papa lui tout à son plaisir allait
" au champs" un grand terrain que maman avait hérité de son père et
qu'ils avaient transformé en plusieurs petits jardins ouvriers, papa se
réservant une partie avec hangars.Il pouvait ainsi s'adonner à son plaisir le
jardinage !
br>
Tout à son bonheur, maman ne demandait rien d'autre, juste à son mari de ne pas
regarder les autres femmes de trop près, elle se laissait vivre, s'occupant de
son petit magasin son mari ramenant des légumes du « champ "que demander
de plus ? C'est la qu'un évènement inattendu vient troubler cette douce
paix, sans savoir pourquoi ni comment elle venait d'avoir 32 ans et se
retrouvait enceinte ! c'était une catastrophe, elle imaginait les sourires,
clins d'oeil entendus des hommes, leurs sarcasmes, à son âge encore une
fois enceinte ! les regards en biais des clientes, ça il n'en était pas
question, surtout ne rien dire et tout faire pour que " ça passe "
elle essaya donc diverses possibilités, soulever des choses lourdes faire de la
gymnastique, etc.,elle n'osait pas demander quand même une passeuse mais
franchement encore un enfant !! Elle avait déjà ses deux filles c'était bien
suffisant !
Mais rien à faire, elle n'avait jamais fait de fausse couche, quand c'est accroché ça
tient ! Elle se résolut à subir encore une grossesse, avec finalement l'idée
que cette fois-ci se serait le petit « Jean-Pierre "qui reprendrait le nom
puisque papa était le dernier de la lignée.
C'est dans cette ambiance que je fis mon entrée dans ce monde ... Un beau matin
d'automne, dans la chambre à coucher alors qu'en bas une forte femme employée
pour faire la galette le vendredi, faisait monter vers mes narines toutes neuves
la douce odeur des galettes bretonnes.
-Zut ! encore une fille ! quel prénom on lui donne ?
- je sais pas moi, on est quel jour ? regarde le calendrier du facteur !
- le 5 octobre voyons voir quels prénoms ? tiens le premier y a Thérèse, c'est
pas mal ça, un peu démodé mais c'est le prénom de la femme du parrain, il va
être content non ?
- vas pour thérèse !
Tiens papa n'a pas le temps de changer d'avis en route tout juste croisa t-il un
voisin qui venait d'avoir son troisième fils et qui s'esclaffa "place au
père aux mâles" ! ! Lui répondant "place au père aux filles" !
Le souvenir le plus lointain fera sans doute sourire, j'entends souvent les
gens dire qu'ils n'ont pas de souvenir de leur petite enfance moi il me semble
me voir portée sur une table par maman qui me mets des vêtements en prenant mon
bras nu et qui fait mine de le mordiller pour me faire rire... Peut être un
rêve ...
Le souvenir suivant c'est sans doute le chien de la maison, un vague chien de
chasse sans race à poils ras, qui me trouve sous la table alors que j'étais sur
d'être introuvable, le chat aussi qui refuse de me laisser le toucher parce que
la première fois je lui ai tiré par curiosité sur les poils et qu'il s'est
sauvé à toutes pattes...
Pourtant ce chat qui me fuit va venir un jour vers moi et se frotter sans arrêt
j'ose à peine le toucher de peur qu'il reparte je suis toute contente, il cherche
des caresses et vient vers moi, il va aussi vers la grand mère mais elle ne le
voit pas alors il revient vers moi et je passe ma main dans sa douce fourrure,
dans le sens du poil pour pas le voir s'enfuir, et je m'enhardie toute contente
de le voir encore et encore se frotter puis en caressant sous son cou je me
pique, je suis étonnée alors doucement je recommence une caresse en faisant
attention et je retrouve cette piqûre, c'est une aiguille qui semble sortir des
poils sous le cou, je prend doucement l'aiguille, et elle vient en douceur,
sans forcer, il y a même un fil au bout assez long, mais heureusement sans
noeud, tout étonnée je la porte à la grand-mère qui justement se demandait ou
avait bien pu passer son aiguillée ! Au moment ou j'enlève cette épine le chat
se met aussitôt à ronronner, il semble me remercier à sa façon me laisse le
caresser encore une fois ou deux et s'enfuit !
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